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jeudi 29 juillet 2010

Chonique du Miroir XII



Deux âmes immortelles voyagent en intrusion dans les Méandres Intérieurs. Les deux compagnons d’aventure sont à une coudée de la Voûte des Lamentations. Yuna, d’une pensée télépathique à son ami, rompt le silence mental : « Cher ami, nous apparaîtrons devant cet égrégore vieux de plusieurs milliers d’années. Avant que leur cri qui arrache l’âme en ait fini avec nous-deux, je te propose une idée… »
« Un fomore! » Pensent-ils en simultanée.
Une fois de plus, ici-même, incorporels et invisibles dans la pierre la télépathie démontre à elle seule la dynamique unissant Ditratos et la fée Yuna.
Dans un seul élan, ils sautent en extrusion, dans la voûte des lamentations. Ici, les spectres des hautes elfes sont tenus captifs par les nécromants d’Arachnéida. Devenues des banshies, les hautes elfes guerrières ne sont plus que des âmes errantes. Jadis, tuées par les soldats d’Arachnéida, ces nobles combattantes furent le dernier chant du cygne d’une civilisation de lumière.
Ici, l’égrégore de la vengeance règne en roi et maître. La seule vision d’un elfe noir ou d’une Arachne suffit à déchaîner le cri collectif qui tue. Mais Yuna est vive comme l’éclair. Visant la base de la paroi rocheuse, ses jets de lumière féerique éclatent sur la surface des murs. La lumière magique serpente le long des interstices entre les pierres difformes et soudain, la Magie Féerique se reconnaît dans un amas de Pierres Ancestrales. Le Fomore est ranimé, nourri de mémoires oubliées, infusées par la magie-même qui circule dans la Roche-aux-fées, à des centaines de lieues d’ici et pourtant partageant les mêmes légendes.
Le spectacle souterrain est sidérant. D’un côté un géant de pierre renaît…De l’autre côté de la vaste voûte se forme une armée diaphane de silhouettes grises et menaçantes. Fantomatiques certes, mais déjà, ces âmes damnées se rassemblent dans un seul souffle froid d’outre-tombe pour émettre le plaintif gémissement. Au centre, deux petites formes de vie, un elfe noir et sa puissante Arachne voltigeant à ses côtés, font piètre allure devant l’amplitude de la rencontre. Ditratos fait face à la masse spectrale envahissant la voute entière. Sa voix grave retenti alors :
« Grandes entités de l’âge d’or des Hautes-Elfes et Grandes Guerrières qui avez écrit l’histoire de votre sang noble. Reconnaissez, aujourd’hui, le fomore témoin de votre passage sous les soleils et les lunes de Gaïa. Libérez-vous de la Mère-Nourrice, porteuse de votre illustre race. Acceptez votre suprématie sur les elfes noirs, simples rejetons de votre unique noblesse. Acclamez votre victoire enfin à votre portée. Laissez votre frère fomore guider votre exode vers l’ultime bataille contre les elfes noirs et leur reine Arachnéida. »
Le nom de la Veuve Noire fait écho dans le silence lourd qui survient. Yuna se pose alors sur l’épaule de son ami. À son oreille, elle chuchote : « Ça, c’est mon Ditratos adoré! » Le baiser d’une Arachne sur le lobe de l’oreille fait son chemin vers le coeur du Mage. « Attend, petite fée préférée, les spectres n’ont pas encore… »
Un phénomène paranormal coupe la parole du magicien. Une grande vague fantomatique frappe et pénètre le géant de pierre. Des milliers d’âmes guerrières réalisent une vengeance nourrie depuis des éons. Le fomore ainsi en fusion avec ces soeurs d’âge, se dégage de sa niche tellurique, provoquant un affaissement de pierres se détachant de la voûte pour créer un éboulis dans un nuage de poussière de roc. Le bruit de l’avalanche gronde le long des Méandres Intérieurs. Le silence reprend sa place autour des deux silhouettes collées une sur l’autre. Yuna et Ditratos sont dans un état d’étrange réconfort reposant sur une amitié rare. Leur peau, cendrée de poussière, affiche une grise texture leur donnant une allure de statues de pierre.
Des échos sourds et lointains témoignent des combats titanesques là où des armées entières d’elfes noirs sont engouffrés par les géants de Gaïa : les fomores, ancêtres-même des elfes noirs et de toutes les créatures des Méandres Intérieurs.
Enfin, la voûte des lamentations révèle son silence à nos deux amis. Yuna, à l’aise dans son corps d’Arachne, est couchée de côté sur l’épaule de Ditratos, reposant son torse nu le long du cou de son ami. Ditratos marche d’un pas agile et léger. Un état de grâce et de jeunesse éternelle traverse toutes ses fibres elfiques. Ne faisant qu’un dans un décor sans âge, les immortels se ressourcent un contre l’autre pour un instant d’éternité. S’attardant sur le sommet d’une formation de cristaux ambrés, le visage profilé d’elfe noir de Ditratos s’harmonise au torse d’ébène de sa petite compagne. Elle dépose sa joue sur le lobe de l’oreille pointue de son vieil ami. Elle lui chuchote : « C’est fantastique! Ces cristaux se sont formés le long des ruines des cités des Hautes-Elfes. Ces villes étaient les Lieux Magiques Sacrés des Premières Âges… J’étais alors toute petite! »
En réponse, Ditratos sourit à sa douce Yuna, cachée dans ce corps d’Arachne démoniaque. Seul un sourire peut répondre à une fée rebelle qui vient de renverser l’empire le plus redoutable des Méandres Intérieurs : Les elfes noirs.
Quelques explosions lointaines transmettent en échos la fin d’une civilisation. « Dit moi, petite fée préférée? Tout ce savoir qui nous habite maintenant, remonte à l’aube des races elfiques, donc à la genèse de ton royaume féerique… »
« Eh ouais! Continus! » Chuchote-t-elle.
« Donc, les Fomores et la Roche-aux-fées… » Ajoute Ditratos, l’air songeur.
« Ils se sont reconnus, dit la petite voix à son oreille… comme toi et moi! » Un petit baiser à l’oreille et le sourire de l’elfe noir s’élargit, dans un silence qui continue à converser entre deux coeurs immortels. Lentement, les deux compagnons s’élèvent du sol, en lévitation, traversant l’espace vertigineux de la Voûte des Lamentations qui ne sera plus hantée par les spectres. L’ascension des deux corps se continue avec assurance vers le plafond de cristaux. L’intrusion elfique s’opère. Les corps se fusionnent à Gaïa, alors que les cristaux chantent le passage de deux héros qui écrivent une autre page de l’histoire des Méandres Intérieurs. Malgré la quintessence incorporelle qui les compose dans les strates solides de Gaïa, nos amis sans âge partagent leur éternité vers la Lune et le Soleil qui les attendent au loin, là-haut, dans le firmament d’un univers sauvé d’une invasion des ténèbres.
Renatus, votre chroniqueur du multivers…suite à la XIIIième!
Au revoir!

mercredi 28 juillet 2010

Chronique I des Filles des Pléiades.



Imaginez-vous au beau milieu d’un paysage qui vous envoûte de ces beautés vierges de forêts sauvages, au rythme des rivières qui cascadent dans le coeur d’une vallée majestueuse, royaume de gigantesques pins ouvrant leurs branches comme des milliers de bras accueillant le ciel bleu.
Vous ne rêvez pas. Vous êtes debout devant la jeune Terre comme elle était à l’aube de l’humanité, dans un replie du Nord- Est de l’Amérique. Aujourd’ hui, nous l’appelons la province de Québec. Mais du temps de ce Nouvel Âge, c’était le royaume des Filles des Pléiades; un vaste domaine touchant le toit du monde et toujours en lien avec la Magie des Six Feyades.
Ici, c’est un lieu enchanté sous les étoiles du Septentrion. Plusieurs chamans et Marcheurs de Rêve connaissent ce pays comme étant leurs portails menant à d’autres dimensions dans une parfaite sérénité puisque ces brèches sont protégées par les Six, les Six Filles des Pléiades, les Six Feyades laissées derrière pour sécuriser ce nouveau monde plein de promesses.
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C’est une de ces belles nuits sous un ciel septentrional, où chaque éclat d’étoiles se dévoile aux yeux éclairés du chaman. Il est assis dans la position de la chandelle, au sommet d’une immense pierre levée au milieu d’une vallée où, il y a 13 milliards d'années, deux factions de guerriers s’affrontaient dans un combat final. Ces créatures étaient les dernières de leur race. Elle fût un premier flux créatif découlant de l’union de deux Grands Amants. Le chaman, nommé Cailla, connaît l’histoire de ces Grands Êtres Divins et chante ainsi dans une langue oubliée la psalmodie de leur acte passionnel…
« Du coeur de la Vierge Amante Cybelia, croît une étincelle, séduite par son compagnon, le Rôdeur, messager des étoiles, Galaxios. Il vient à elle dans un feu de désire ardent dont la queue de comète est tourmentée de multiples essences, sur le sentier des brumes, connu comme le Pont Sacré de Poussière d’Étoile. Il s’approche portant une arme fatale connue aussi des Enfants de cette Union; La Passion Radiante… Cybelia ressent bien les enjeux mais ne peut résister aux magnifiques et séduisants attributs du Rôdeur Galaxios. Elle se voit mettre à nu ses larges vallées où coulent déjà ces mers salées nourries de ses sources intérieures créées elles-mêmes par de ferventes attentes. »
La voix du chaman Cailla est remplis d’ÉMOTION, puisque tout ce chant n’est que fréquences d’É-nergie dans une MOTION.
« L’étreinte des deux Amants est si grande qu’elle devient Tonnerre de Lumière et Musique, Feu et Vents, un élan sensuel à travers des regards d’Amoureux… d’un côté l’oeil du Cyclone et de l’autre, l’oeil de la Galaxie. Intimement en UN-I-ON, les masses d’énergies explosent dans une Fontaine de Passion, où aucune caverne, ni crevasse n’est épargnée par la Semence de l’Amour. »
Cailla ouvre les yeux vers le ciel nocturne et laisse échapper un long et doux soupir, comme le sifflement d’un serpent entre ses dents serrées. Avec la grâce d’un cygne le chaman se lève et recule avec les mains jointes à son menton. Dans un instant de dévotion, il baisse les yeux sur l’endroit où il était assis, où une part de lui gît…où aucune crevasse n’est laissée sans une Semence d’Amour.
Renatus…votre chroniqueur des Filles des Pléiades. À bientôt!