Le Temple de Merveilles détient toujours ses secrets
dans ses murs. C’est ici que se trouvent les recueils des plus mystiques,
mystérieux et même légendaires. La sphère lumineuse veille depuis une éternité
sur ces joyaux du multivers. En suspension dans le vide, la lumière touche de
ses rayons les ombres gothiques des poutres et arches cachant d’autres
mystères. En contrebas, c’est la salle d’étude, en ce moment dortoir pour le
maître mage Ditratos et Yuna. Les guetteurs du multivers se reposent
maintenant, puisque hier, une invitée de la Terre est venue s’instruire :
Une enfant d’une sensibilité peu commune que Yuna a découvert lors de ses
voyages dans les mondes oniriques.
La petite fée Yuna, allongée sur la poitrine de son
ami magicien, ouvre un œil sur sa jeune invitée. Depuis un bon moment l’enfant,
trop excitée par ces connaissances secrètes qui l’entourent, s’est
silencieusement éclipsée sur une des passerelles ceinturant les rayons de
livres. Le regard de la fée est rassuré. Sa protégée est assise sur la
passerelle, un grand livre ouvert sur ses jambes croisées. Le titre est : Sidhorion et les Gardiens du Monde Féerique.
Yuna sourit à la curiosité qui guide cette fille de la Terre. Elle en apprend
d’avantage sur le pays natal de Yuna et sur les Dragons Gardiens.
Elle observe un moment sacré qui se déroule devant
ses yeux. Une enfant de la Terre s’éveille à d’autres mondes qui ressemblent à
ses propres mondes oniriques. Lesquels sont-ils les reflets des autres? Avant
la fin de son séjour chez ses deux nouveaux amis immortels, le cœur de la jeune
fille saura la réponse. Aujourd’hui, Yuna guidera l’enfant sur ses propres
rives oniriques. Délicatement, elle déploie ses ailes arc-en-ciel et se pose
près de l’oreille de Ditratos et y chuchote :
Bonjour,
mon rôdeur adoré, ne bouges surtout pas et regardes la petite merveille sur la
passerelle.
Complice et à l’écoute de Yuna, Ditratos lève des
sourcils de surprise dès que ses paupières s’ouvrent sur la jeune amie à
l’étude. Se tournant la tête du côté de Yuna, il lui sourit et ajoute :
Ce
sera une aventure fantastique pour notre jeune rêveuse. Tu as bien fais de me
réveiller. Hé, j’ai une idée!
La jeune fille est absorbée à dans ces grandes
révélations de mondes et de créatures qu’elle croyait imaginaires jusqu’à hier
soir. Le grand manuscrit est grand ouvert sur ses genoux. Ces écrits remontent
à la nuit des temps, de la plume-même de Sidhorion, le Dragon Doré, protecteur
des Mondes Féeriques. La jeune enfant est trop emportée par ces histoires
fantastiques pour remarquer sa nouvelle amie qui se pose sur le garde-fou de la
passerelle. Yuna admire sa jeune protégée se nourrir de ces histoires
légendaires de son pays natal. Un moment sacré, certes, mais aussi n’est-ce pas
là aussi une belle opportunité de rapprocher le monde de la raison à ces mondes
que les terriens appellent imaginaires.
Yuna sait que dans cette enfant grandit une future ambassadrice qui devra être
courageuse devant une foule d’humains tenus endormis dans le rationnel et la
matière.
Des arômes de pain grillé et de lait au chocolat
distraient l’exploratrice des mondes oubliés. Elle lève la tête et aperçoit
Ditratos préparant un bon petit déjeuner. Un sursaut plus tard, elle s’adresse
à sa petite amie :
C’est
extraordinaire ce que je découvre ici, avec vous deux. Dans ces récits des
premiers âges, tu étais là aussi, à ce que j’ai lu. Mais tu étais différente.
Sidhorion te décrit comme une salamandre couverte de plumes blanches aux ailes
angéliques.
À
travers les âges, il est préférable de changer notre apparence. Pour nous, les
immortels, c’est notre façon de renaître à nouveau. Ça nous donne l’impression
de changer de corps, comme vous sur Terre. Mais ça, c’est une autre histoire. Nous
avons une belle surprise pour toi. Mais d’abord, as-tu faim?
Des rires, des récits de voyage, des personnages décrits et rencontrés tout le long des âges, des univers et des créatures légendaires accompagnent un repas copieux. À la fin du chocolat chaud, le mage frotte ses mains avec enthousiasme :
Des rires, des récits de voyage, des personnages décrits et rencontrés tout le long des âges, des univers et des créatures légendaires accompagnent un repas copieux. À la fin du chocolat chaud, le mage frotte ses mains avec enthousiasme :
Voilà
le moment de la surprise. Avant tes leçons oniriques, nous souhaitons
t’introduire à un autre ami.
Les deux mains sur le rebord de la table, la jeune
acquiesce frénétiquement.
Selon
mes observations séculaires sur la race humaine, mon cher mage, je crois que
c’est un oui.
La main du mage s’élève déjà articulant des doigts
agiles et mystiques. Le célèbre Miroir apparaît, réfléchissant l’expression
électrisante d’une enfant exceptionnelle.
Wow,
c’est fantastique!
Déjà debout près du cadre du Miroir, l’enfant
caresse les rainures, les runes mystérieuses, les entrelacés celtes ainsi que
les différentes figures mythologiques sculptés tout autour du Miroir.
Est-ce
du bois ou de la pierre?
Ditratos se penche à la hauteur de la petite.
C’est
du bois magique, un bois indestructible, tiré de l’écorce de l’Arbre Monde.
L’Arbre
Monde?
Yggdrasil,
c’est l’Arbre Monde au centre du cosmos, enfin, du moins au centre d’un des
univers des Mondes Oniriques Divins.
Ah
oui! Un des mondes qui forme la grande sphère en constante croissance.
Voilà,
jeune dame, l’Yggdrasil m’a fait cadeau d’une partie de lui-même. Une puissante
magie circule dans les veines de ce bois unique. De l’autre côté du Miroir
s’ouvre le multivers. C’est donc un portail portatif.
Yuna se pose alors sur l’épaule de la jeune enfant.
Elle la rassure de sa voix chantante.
Depuis
des millénaires, le Miroir nous transporte d’un monde à l’autre, sans erreur de
destination. Si tu le souhaites, nous pouvons te dire qui nous allons visiter,
mais l’effet de surprise sera alors…
Non,
non, ça va! Si de l’autre côté de ce miroir votre ami vous attend…Alors il est
aussi mon ami… Allons-y!
Donnant la main au mage blanc, l’enfant fait signe
de la tête, résolue. Yuna devient lumière et plonge dans le pendentif de
Ditratos. Un pas plus tard, une nouvelle réalité allume tous les sens de la
jeune voyageuse.
D’abord le vent est saisissant et aromatique comme
des fleurs des champs. Sur le sommet d’une montagne, les trois compagnons se
tiennent sur un plateau rocheux près de deux grandes colonnes de pierre gravées
de symboles étranges et de spirales. Une voix retentit soudainement dans leurs
esprits :
Bienvenue
dans le Monde Féerique!
Une ombre court alors par terre et couvre
complètement Ditratos et son invitée. Levant la tête, l’enfant ouvre tout grand
les yeux.
N’ais
pas peur petite. L’amie de mes amis est mon amie. Je m’appelle…
Sidhorion,
le Gardien des Mondes Féeriques!
Coupant la pensée télépathique d’une voix tremblante
d’émotion, l’enfant contemple la surprise promise. Ici, devant elle, une
légende vivante surplombe le trio de sa majestueuse stature gigantesque. Malgré
tout ce qu’elle a lu sur ce grand défenseur du monde de Yuna, la jeune dame ré-aligne les idées qu’elle s’était faite de cet être extraordinaire. L’aura
surnaturel d’une telle créature la fascine.
C’est
un honneur de voir une si jeune adepte nous visiter ici, au portail de notre
monde. Ici, sur la Montagne de la Réunion, nous avons établi une surveillance
très serrée. C’est sur ce site historique où se sont rencontrées les grandes
personnalités du multivers. Dès les premiers âges ce portail a été créé par les
magiciennes Hautes Elfes. Puisque tu es ici, à titre d’invitée originaire de la
lointaine Terre, je t’offre une visite en survolant notre contrée fantastique.
Dès que ces pensées traversent l’esprit des trois
visiteurs, la vénérable créature mythique déploie ses ailes immenses avec grâce
et délicatesse. Sidhorion abaisse l’extrémité de son aile droite au pied de la
jeune Terrienne. Le mage Ditratos se penche à l’oreille de l’enfant aux yeux
tout brillants.
Pour
un dragon d’une telle noblesse, c’est une extrême marque de courtoisie que
d’offrir son aile en guise de marche pied. Seule sa sœur d’arme Haute Elfe
avait ce privilège…
C’est
drôle. J’ai une impression de déjà vu.
Ditratos lève un sourcil et regarde Sidhorion du
coin de l’œil. Le dragon canalise télépathiquement sa pensée vers son ami mage
seulement :
Ne
me regarde pas de cette façon. Je suis tout aussi surpris que toi.
Yuna apparaît alors sur le pendentif de bois de
Ditratos, debout contre la poitrine de son ami mage. Elle projette une pensée
vers Sidhorion et Ditratos :
Ha,
les mâles, tous les mêmes, c’est évident que notre protégée est spéciale. Je ne
l’aurais pas invité sinon.
En quelques battements d’ailes, elle se pose sur
l’épaule de l’enfant et lui chuchote :
T’en
fais pas princesse, la journée est jeune et pleine de découvertes encore
insoupçonnées.
Un tendre frisson passe tout le long du corps de la
jeune invitée. Quelque chose se passe dans son être, c’est sûr. D’un geste
spontané, sans réfléchir, elle s’agenouille et pose ses lèvres sur l’extrémité
de l’aile de Sidhorion. C’est au tour du vénérable gardien des airs à ressentir
les nœuds d’énergie s’ouvrir le long de ses corps subtils.
Dans un silence chargé de non-dits, ce sont les yeux
surpris de Sidhorion qui divulguent ses pensées :
Par
tous les ancêtres, Dame Valdérianne était la seule à me saluer de la sorte. La
grâce d’une Haute Elfe des premiers âges dans le cœur d’une fille de la Terre,
c’est un précédent.
L’enfant mène la marche sur l’aile du dragon. Son
regard plein d’étoiles croise celui de Sidhorion, tout pénétrant. Aucun mortel
ne peut soutenir le regard envahissant d’un dragon doré. Toujours vaillante, la
jeune Terrienne s’installe naturellement entre les deux ailes. Ditratos et la
vénérable monture mythique l’observent avec admiration et respect. Normalement,
tout être mortel serait paralysé au contact de cette puissante aura légendaire
d’un dragon doré. Ici, l’effet est contraire. L’enthousiasme et
l’émerveillement prévalent dans le cœur de la jeune Terrienne.
Les deux amis se sécurisent entre les écailles
dorsales dorées. Sidhorion se relève et avance d’une démarche souple et rythmée
au va et vient des ailes tout en grâce et beauté. Il s’approche du rebord de la
falaise qui plonge dans la vallée féerique.
Tenez
vous bien, l’envolée magique commence!
La pensée télépathique traverse l’esprit de la jeune
demoiselle comme un vent de folie, les doigts serrés sur la robe de mage, les
yeux grands ouverts, le souffle court. La vallée est d’une beauté qui dépasse
l’imagination. Comme deux grandes voiles, les ailes du dragon se déploient et
il se jette dans le vide vertigineux. Un petit cri sort des lèvres d’une enfant
qui croit rêver. Le gardien mythique glisse sur l’air mielleux.
De vallons en rivières, le spectacle est saisissant.
Tout relève d’une terre paradisiaque au relief à la fois accidenté mais
harmonieux. Des chutes d’eau coincées entre d’énormes montagnes couvertes de
végétation dense, se jettent le long des falaises dans des brumes qui caressent
les contreforts rocheux. Puis ces nappes de brouillards écartent des doigts
diaphanes sur la vallée sillonnée de ruisseaux. Le ciel transporte des nuages
épais d’où sortent quelquefois des compagnons gardiens qui voient à la sécurité
de ce monde magique.
La jeune humaine cherche sa fée et demande au
mage :
Où
est donc passée Yuna?
Chut!
Coupe alors Ditratos, l’index croisé sur ses lèvres.
Elle
s’est cachée dans sa cage… Elle est rebelle, ici… Il ne faut pas révéler à qui
que ce soit sa présence.
Pour éviter que le vent trahisse ses secrets,
Ditratos se penche à l’oreille de sa jeune amie :
Aussi
superbes et magnifiques que puissent paraître ces paysages idylliques, de
sournoises querelles politiques se sont alimentées de jalousie et convoitise.
Notre amie Yuna a refusée de se prêter à cette danse macabre. Ici, nous sommes
dans le Monde Féerique et nous devons effacer de nos mémoires tout ce qui a
trait à notre amie. Sidhorion, toi et moi ne savons rien d’une fée qui n’est
que légende, ici. D’ailleurs, pour ne pas te faire vivre des rencontres
embarrassantes, Sidhorion ne se posera pas sur des terres à risques. C’est
pourquoi une vingtaine de dragons protègent cette région de toute invasion
extérieure. Plusieurs êtres puissants espèrent confondre les habitants de ces
royaumes féeriques pour en acquérir le savoir magique.
Les sourcils troublés de la jeune fille invitent à
une pause. Une main réconfortante se pose sur son épaule. Elle lève les yeux et
d’un regard compréhensif, Ditratos lui dit à voix basse :
La
Lumière, si féerique soit-elle, crée des ombres dans lesquelles se complaisent
certains êtres.
Un silence méditatif s’installe tout le long de la
visite panoramique. Le survol n’en demeure pas moins extraordinaire. Des
vallées verdoyantes, des cours d’eau sinueux, des montagnes tapissées de forêts
mystérieuses, un ciel aux nuages cachant d’autres fées éoliennes, toutes ces
visions s’impriment dans l’esprit de la jeune exploratrice.
Tout au long du vol, quelques gardiens croisent
Sidhorion. L’échange télépathique entre les créatures mythologiques demeure
secret. L’enfant ressent un malaise venant de Sidhorion. Elle lève les yeux sur
Ditratos. Lui aussi semble inquiet. Ne voulant pas masquer la saveur de cette
visite, la jeune enfant se distrait l’esprit en admirant ces contrées féeriques
qui défilent sous les ailes puissantes
de Sidhorion.
Ces silences alourdis de secrets se conjuguent à une
prise de conscience importante pour la jeune fille. Soudainement, suite à
toutes ces révélations depuis son arrivée aux côtés de Yuna et Ditratos, une
grande responsabilité vient de prendre racine dans son cœur d’enfant de la
Terre. Tel un socle de marbre sous une statue, elle sait maintenant
l’importance capitale de la création d’un monde onirique. Déjà, une conscience
sociale vient de voir le jour en son être. Survolant les mondes féeriques,
assise à la place même où la grande guerrière Haute Elfe sacrifiait sa vie dans
une bataille contre les serviteurs de l’ombre… Une boule d’émotion se coince
dans la gorge de la petite Terrienne et quelques larmes viennent altérer sa vision de ces contrées magiques. La disparition de
ces Hautes Elfes et leur courage exemplaire s’étirent dans l’immortalité de ses
nouveaux amis : Yuna la fée rebelle, Ditratos le mage blanc et Sidhorion
le gardien fidèle. Un sourire teinté de fierté se dessine sur le visage de la
jeune dame, les yeux mouillés mais d’où des étoiles brillent d’une lueur
elfique.
Sidhorion ressent la boule d’énergie sur son échine.
L’enfant s’éveille aux mondes oniriques divins. Le vénérable dragon est honoré
de participer à l’éveil d’une créatrice de mondes oniriques. Surgissant de
nulle part, le souvenir de Valdérianne apporte une note quasi mystique à ce
présent survol avec la jeune invitée de la Terre. D’une légère rotation de la
tête, l’œil du dragon plonge un regard empathique dans les yeux minuscules et
mouillés de la jeune Terrienne. Sidhorion pense alors :
Brave
Dame Valdérianne, vous seriez fière de votre héritière terrienne.
Oui,
je le suis!
Une voix angélique fait écho dans la tête de
Sidhorion.
Deux sourires se répondent. Une jeune enfant
s’éveille, un vénérable dragon s’émerveille.
Le soleil se trouve plus près de l’horizon vers la
fin du périple aérien. Sidhorion se pose non loin des deux colonnes du portail
de la Montagne de la Réunion. Les voyageurs glissent le long de l’aile tendue
vers le sol. L’enfant observe Ditratos et Sidhorion. Maintenant elle sait que
des pensées lui sont bloquées. Le monde caché et voilé des adultes lui est
familier. Une vague de tristesse pince son cœur pour un moment.
PSSST!
La jeune fille surprise se tourne vers la source de
l’appel. Une salamandre ailée la regarde de ces petits yeux bien connus. La
jeune amie ne prononce pas son nom. Ditratos a été clair sur ce fait. La petite
créature vole à l’oreille de l’enfant.
Laissons
nos amis à leur jeu d’adultes, petite enfant de la Terre. Nous devons les
comprendre. Une nouvelle contrariante nous a été annoncée par les dragons gardiens. Il faudra
remettre à plus tard notre visite onirique. Nous ne voulons pas t’affoler mais
des évènements indéfinissables se déroulent présentement dans la vallée voisine
des Mondes Féeriques. Ditratos et moi devons vite aller là-bas. Crois-moi, mon
amie, il y a là des créatures … euh… qui doivent être surveillées. Nous allons
te laisser en sécurité au Temple de Merveilles.
Yuna arrête de parler un court instant, prêtant
attention aux pensées télépathiques lui traversant l’esprit.
Sidhorion
se porte volontaire à te tenir compagnie durant notre absence. Il saura très
bien te guider dans la grande bibliothèque.
Mais
il est énorme, il ne peut pas circuler dans la salle!
Tu
ne connais pas encore tous les atouts d’un dragon doré.
C’est à ce moment que Ditratos s’approche en
compagnie d’un nouveau venu fort intriguant. D’une stature plus imposante que
le mage, sa peau est d’une blancheur rappelant le marbre blanc des statues dont
l’enfant se rappelle avoir vu dans des musées de sa ville natale. Le regard
familier de l’étranger la rassure.
SIDHORION?
Pour
vous guider parmi ces mystérieux trésors et légendes cachés dans l’antre de mon
ami…
Le
Temple de Merveilles. Corrige le mage, prétendant être
offensé.
Oups!
Excuses-moi, mon vocabulaire s’est endormi avec des centaines d’années sous ces
écailles dorées… Prenez tout votre temps sur Gaïa, chers amis, notre jeune
voyageuse et moi avons beaucoup de découvertes à partager.
Soit!
Répond
Ditratos.
Sa main laisse danser ses doigts dans l’air. Le
Miroir apparaît alors aux voyageurs du multivers. Un pas plus tard, tous se
retrouvent dans le Temple de Merveilles.
Oh
là! S’écrit
la figure d’ivoire, portant les poings à ses hanches elle ajoute :
La
salle atteint des proportions phénoménales. Je me rappelle de cette petite
chambre il y a de ça… Attendez!
Sidhorion porte la main à son crane dégarni, tentant
de se souvenir…
S’il
te plaît, Sid… Laisses tomber!
Ditratos tape
sa main gentiment sur l’épaule de son compagnon millénaire et dit :
Les
dates me donnent un coup de vieux.
Ditratos et Yuna s’approchent du Miroir magique
saluant leurs amis. Déjà, la jeune Terrienne apprivoise bien la présence de
Sidhorion. Une petite main se pose sur le poignet blanc du gardien. Tous les
deux font un signe d’au revoir aux deux immortels.
Dans une spirale de lumière, Yuna s’infiltre dans le
pendentif. Les deux guetteurs du multivers traversent la surface réfléchissante
et laissent les vaguelettes s’épanouir en ondes successives. Sidhorion et sa
nouvelle amie, main dans la main, fixent encore des yeux l’espace vide laissé
derrière le Miroir disparu. La grande salle illuminée de sa sphère éternelle
apporte un grand soupir à Sidhorion qui se tourne déjà sur lui-même, le regard
pétillant.
Par
où commence-t-on nos explorations, petite? Guides moi car cette salle est
tellement plus vaste qu’autrefois. Tu as eu une matinée entière pour y voir
plus clair…
La jeune enfant s’exécute en prenant les devants
puis s’aperçoit que Sidhorion l’observe d’un air interrogatif. Elle s’arrête et
se retourne vers son ami et lui demande :
Qu’est-ce
qu’il y a?
Quel
est ton nom, jeune dame?
Denizia*
Bien,
allons-y… Denizia.
Ainsi, de rayons en passerelles, les fureteurs de
mystères s’adonnent à la découverte du multivers sous la lumière éternelle du
Temple de Merveilles.
FIN
Renatus, votre chroniqueur.
*…Les deux guetteurs du multivers, Denizia
et Sky regardent avec surprise ce miracle des arcanes qui se manifeste devant
leurs yeux. Épuisée par tant d’efforts, la fille de la terre s’allonge sur la
pierre ancestrale et se couvre le corps de sa cape de plumes. Sky se blottie
dans le creux de son ventre, comme dans son nid, pour s’assoupir. Yuna et
Ditratos montent aux côtés de Denizia qui sommeille déjà. Yuna chuchote a
l’oreille du mage :
-Te souviens-tu de sa première visite a notre
Temple de Merveilles? Elle y dormait bien rassurée avec nous, si loin pourtant,
de chez elle! C’est qu’elle a un esprit ouvert hors du commun. Vraiment, nous
avons fait le bon choix. Denizia sera une bonne ambassadrice de la Terre.
(extrait de la Chronique III des Enfants de la Terre)


