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samedi 16 mars 2013

Chronique du Miroir XVII



Le Temple de Merveilles détient toujours ses secrets dans ses murs. C’est ici que se trouvent les recueils des plus mystiques, mystérieux et même légendaires. La sphère lumineuse veille depuis une éternité sur ces joyaux du multivers. En suspension dans le vide, la lumière touche de ses rayons les ombres gothiques des poutres et arches cachant d’autres mystères. En contrebas, c’est la salle d’étude, en ce moment dortoir pour le maître mage Ditratos et Yuna. Les guetteurs du multivers se reposent maintenant, puisque hier, une invitée de la Terre est venue s’instruire : Une enfant d’une sensibilité peu commune que Yuna a découvert lors de ses voyages dans les mondes oniriques.
La petite fée Yuna, allongée sur la poitrine de son ami magicien, ouvre un œil sur sa jeune invitée. Depuis un bon moment l’enfant, trop excitée par ces connaissances secrètes qui l’entourent, s’est silencieusement éclipsée sur une des passerelles ceinturant les rayons de livres. Le regard de la fée est rassuré. Sa protégée est assise sur la passerelle, un grand livre ouvert sur ses jambes croisées. Le titre est : Sidhorion et les Gardiens du Monde Féerique. Yuna sourit à la curiosité qui guide cette fille de la Terre. Elle en apprend d’avantage sur le pays natal de Yuna et sur les Dragons Gardiens.
Elle observe un moment sacré qui se déroule devant ses yeux. Une enfant de la Terre s’éveille à d’autres mondes qui ressemblent à ses propres mondes oniriques. Lesquels sont-ils les reflets des autres? Avant la fin de son séjour chez ses deux nouveaux amis immortels, le cœur de la jeune fille saura la réponse. Aujourd’hui, Yuna guidera l’enfant sur ses propres rives oniriques. Délicatement, elle déploie ses ailes arc-en-ciel et se pose près de l’oreille de Ditratos et y chuchote :
Bonjour, mon rôdeur adoré, ne bouges surtout pas et regardes la petite merveille sur la passerelle.
Complice et à l’écoute de Yuna, Ditratos lève des sourcils de surprise dès que ses paupières s’ouvrent sur la jeune amie à l’étude. Se tournant la tête du côté de Yuna, il lui sourit et ajoute :
Ce sera une aventure fantastique pour notre jeune rêveuse. Tu as bien fais de me réveiller. Hé, j’ai une idée!
La jeune fille est absorbée à dans ces grandes révélations de mondes et de créatures qu’elle croyait imaginaires jusqu’à hier soir. Le grand manuscrit est grand ouvert sur ses genoux. Ces écrits remontent à la nuit des temps, de la plume-même de Sidhorion, le Dragon Doré, protecteur des Mondes Féeriques. La jeune enfant est trop emportée par ces histoires fantastiques pour remarquer sa nouvelle amie qui se pose sur le garde-fou de la passerelle. Yuna admire sa jeune protégée se nourrir de ces histoires légendaires de son pays natal. Un moment sacré, certes, mais aussi n’est-ce pas là aussi une belle opportunité de rapprocher le monde de la raison à ces mondes que les terriens appellent imaginaires. Yuna sait que dans cette enfant grandit une future ambassadrice qui devra être courageuse devant une foule d’humains tenus endormis dans le rationnel et la matière.
Des arômes de pain grillé et de lait au chocolat distraient l’exploratrice des mondes oubliés. Elle lève la tête et aperçoit Ditratos préparant un bon petit déjeuner. Un sursaut plus tard, elle s’adresse à sa petite amie :
C’est extraordinaire ce que je découvre ici, avec vous deux. Dans ces récits des premiers âges, tu étais là aussi, à ce que j’ai lu. Mais tu étais différente. Sidhorion te décrit comme une salamandre couverte de plumes blanches aux ailes angéliques.
À travers les âges, il est préférable de changer notre apparence. Pour nous, les immortels, c’est notre façon de renaître à nouveau. Ça nous donne l’impression de changer de corps, comme vous sur Terre. Mais ça, c’est une autre histoire. Nous avons une belle surprise pour toi. Mais d’abord, as-tu faim?
Des rires, des récits de voyage, des personnages décrits et rencontrés tout le long des âges, des univers et des créatures légendaires accompagnent un repas copieux. À la fin du chocolat chaud, le mage frotte ses mains avec enthousiasme :
Voilà le moment de la surprise. Avant tes leçons oniriques, nous souhaitons t’introduire à un autre ami.
Les deux mains sur le rebord de la table, la jeune acquiesce frénétiquement.
Selon mes observations séculaires sur la race humaine, mon cher mage, je crois que c’est un oui.
La main du mage s’élève déjà articulant des doigts agiles et mystiques. Le célèbre Miroir apparaît, réfléchissant l’expression électrisante d’une enfant exceptionnelle.
Wow, c’est fantastique!
Déjà debout près du cadre du Miroir, l’enfant caresse les rainures, les runes mystérieuses, les entrelacés celtes ainsi que les différentes figures mythologiques sculptés tout autour du Miroir.
Est-ce du bois ou de la pierre?
Ditratos se penche à la hauteur de la petite.
C’est du bois magique, un bois indestructible, tiré de l’écorce de l’Arbre Monde.
L’Arbre Monde?
Yggdrasil, c’est l’Arbre Monde au centre du cosmos, enfin, du moins au centre d’un des univers des Mondes Oniriques Divins.
Ah oui! Un des mondes qui forme la grande sphère en constante croissance.
Voilà, jeune dame, l’Yggdrasil m’a fait cadeau d’une partie de lui-même. Une puissante magie circule dans les veines de ce bois unique. De l’autre côté du Miroir s’ouvre le multivers. C’est donc un portail portatif.
Yuna se pose alors sur l’épaule de la jeune enfant. Elle la rassure de sa voix chantante.
Depuis des millénaires, le Miroir nous transporte d’un monde à l’autre, sans erreur de destination. Si tu le souhaites, nous pouvons te dire qui nous allons visiter, mais l’effet de surprise sera alors…
Non, non, ça va! Si de l’autre côté de ce miroir votre ami vous attend…Alors il est aussi mon ami… Allons-y!
Donnant la main au mage blanc, l’enfant fait signe de la tête, résolue. Yuna devient lumière et plonge dans le pendentif de Ditratos. Un pas plus tard, une nouvelle réalité allume tous les sens de la jeune voyageuse.
D’abord le vent est saisissant et aromatique comme des fleurs des champs. Sur le sommet d’une montagne, les trois compagnons se tiennent sur un plateau rocheux près de deux grandes colonnes de pierre gravées de symboles étranges et de spirales. Une voix retentit soudainement dans leurs esprits :
Bienvenue dans le Monde Féerique!
Une ombre court alors par terre et couvre complètement Ditratos et son invitée. Levant la tête, l’enfant ouvre tout grand les yeux.
N’ais pas peur petite. L’amie de mes amis est mon amie. Je m’appelle…
Sidhorion, le Gardien des Mondes Féeriques!
Coupant la pensée télépathique d’une voix tremblante d’émotion, l’enfant contemple la surprise promise. Ici, devant elle, une légende vivante surplombe le trio de sa majestueuse stature gigantesque. Malgré tout ce qu’elle a lu sur ce grand défenseur du monde de Yuna, la jeune dame ré-aligne les idées qu’elle s’était faite de cet être extraordinaire. L’aura surnaturel d’une telle créature la fascine.

C’est un honneur de voir une si jeune adepte nous visiter ici, au portail de notre monde. Ici, sur la Montagne de la Réunion, nous avons établi une surveillance très serrée. C’est sur ce site historique où se sont rencontrées les grandes personnalités du multivers. Dès les premiers âges ce portail a été créé par les magiciennes Hautes Elfes. Puisque tu es ici, à titre d’invitée originaire de la lointaine Terre, je t’offre une visite en survolant notre contrée fantastique.
Dès que ces pensées traversent l’esprit des trois visiteurs, la vénérable créature mythique déploie ses ailes immenses avec grâce et délicatesse. Sidhorion abaisse l’extrémité de son aile droite au pied de la jeune Terrienne. Le mage Ditratos se penche à l’oreille de l’enfant aux yeux tout brillants.
Pour un dragon d’une telle noblesse, c’est une extrême marque de courtoisie que d’offrir son aile en guise de marche pied. Seule sa sœur d’arme Haute Elfe avait ce privilège…
C’est drôle. J’ai une impression de déjà vu.
Ditratos lève un sourcil et regarde Sidhorion du coin de l’œil. Le dragon canalise télépathiquement sa pensée vers son ami mage seulement :
Ne me regarde pas de cette façon. Je suis tout aussi surpris que toi.
Yuna apparaît alors sur le pendentif de bois de Ditratos, debout contre la poitrine de son ami mage. Elle projette une pensée vers Sidhorion et Ditratos :
Ha, les mâles, tous les mêmes, c’est évident que notre protégée est spéciale. Je ne l’aurais pas invité sinon.
En quelques battements d’ailes, elle se pose sur l’épaule de l’enfant et lui chuchote :
T’en fais pas princesse, la journée est jeune et pleine de découvertes encore insoupçonnées.
Un tendre frisson passe tout le long du corps de la jeune invitée. Quelque chose se passe dans son être, c’est sûr. D’un geste spontané, sans réfléchir, elle s’agenouille et pose ses lèvres sur l’extrémité de l’aile de Sidhorion. C’est au tour du vénérable gardien des airs à ressentir les nœuds d’énergie s’ouvrir le long de ses corps subtils.
Dans un silence chargé de non-dits, ce sont les yeux surpris de Sidhorion qui divulguent ses pensées :
Par tous les ancêtres, Dame Valdérianne était la seule à me saluer de la sorte. La grâce d’une Haute Elfe des premiers âges dans le cœur d’une fille de la Terre, c’est un précédent.
L’enfant mène la marche sur l’aile du dragon. Son regard plein d’étoiles croise celui de Sidhorion, tout pénétrant. Aucun mortel ne peut soutenir le regard envahissant d’un dragon doré. Toujours vaillante, la jeune Terrienne s’installe naturellement entre les deux ailes. Ditratos et la vénérable monture mythique l’observent avec admiration et respect. Normalement, tout être mortel serait paralysé au contact de cette puissante aura légendaire d’un dragon doré. Ici, l’effet est contraire. L’enthousiasme et l’émerveillement prévalent dans le cœur de la jeune Terrienne.
Les deux amis se sécurisent entre les écailles dorsales dorées. Sidhorion se relève et avance d’une démarche souple et rythmée au va et vient des ailes tout en grâce et beauté. Il s’approche du rebord de la falaise qui plonge dans la vallée féerique.
Tenez vous bien, l’envolée magique commence!
La pensée télépathique traverse l’esprit de la jeune demoiselle comme un vent de folie, les doigts serrés sur la robe de mage, les yeux grands ouverts, le souffle court. La vallée est d’une beauté qui dépasse l’imagination. Comme deux grandes voiles, les ailes du dragon se déploient et il se jette dans le vide vertigineux. Un petit cri sort des lèvres d’une enfant qui croit rêver. Le gardien mythique glisse sur l’air mielleux.
De vallons en rivières, le spectacle est saisissant. Tout relève d’une terre paradisiaque au relief à la fois accidenté mais harmonieux. Des chutes d’eau coincées entre d’énormes montagnes couvertes de végétation dense, se jettent le long des falaises dans des brumes qui caressent les contreforts rocheux. Puis ces nappes de brouillards écartent des doigts diaphanes sur la vallée sillonnée de ruisseaux. Le ciel transporte des nuages épais d’où sortent quelquefois des compagnons gardiens qui voient à la sécurité de ce monde magique.
La jeune humaine cherche sa fée et demande au mage :
Où est donc passée Yuna?
Chut! Coupe alors Ditratos, l’index croisé sur ses lèvres.
Elle s’est cachée dans sa cage… Elle est rebelle, ici… Il ne faut pas révéler à qui que ce soit sa présence.
Pour éviter que le vent trahisse ses secrets, Ditratos se penche à l’oreille de sa jeune amie :
Aussi superbes et magnifiques que puissent paraître ces paysages idylliques, de sournoises querelles politiques se sont alimentées de jalousie et convoitise. Notre amie Yuna a refusée de se prêter à cette danse macabre. Ici, nous sommes dans le Monde Féerique et nous devons effacer de nos mémoires tout ce qui a trait à notre amie. Sidhorion, toi et moi ne savons rien d’une fée qui n’est que légende, ici. D’ailleurs, pour ne pas te faire vivre des rencontres embarrassantes, Sidhorion ne se posera pas sur des terres à risques. C’est pourquoi une vingtaine de dragons protègent cette région de toute invasion extérieure. Plusieurs êtres puissants espèrent confondre les habitants de ces royaumes féeriques pour en acquérir le savoir magique.
Les sourcils troublés de la jeune fille invitent à une pause. Une main réconfortante se pose sur son épaule. Elle lève les yeux et d’un regard compréhensif, Ditratos lui dit à voix basse :
La Lumière, si féerique soit-elle, crée des ombres dans lesquelles se complaisent certains êtres.
Un silence méditatif s’installe tout le long de la visite panoramique. Le survol n’en demeure pas moins extraordinaire. Des vallées verdoyantes, des cours d’eau sinueux, des montagnes tapissées de forêts mystérieuses, un ciel aux nuages cachant d’autres fées éoliennes, toutes ces visions s’impriment dans l’esprit de la jeune exploratrice.
Tout au long du vol, quelques gardiens croisent Sidhorion. L’échange télépathique entre les créatures mythologiques demeure secret. L’enfant ressent un malaise venant de Sidhorion. Elle lève les yeux sur Ditratos. Lui aussi semble inquiet. Ne voulant pas masquer la saveur de cette visite, la jeune enfant se distrait l’esprit en admirant ces contrées féeriques qui défilent  sous les ailes puissantes de Sidhorion.
Ces silences alourdis de secrets se conjuguent à une prise de conscience importante pour la jeune fille. Soudainement, suite à toutes ces révélations depuis son arrivée aux côtés de Yuna et Ditratos, une grande responsabilité vient de prendre racine dans son cœur d’enfant de la Terre. Tel un socle de marbre sous une statue, elle sait maintenant l’importance capitale de la création d’un monde onirique. Déjà, une conscience sociale vient de voir le jour en son être. Survolant les mondes féeriques, assise à la place même où la grande guerrière Haute Elfe sacrifiait sa vie dans une bataille contre les serviteurs de l’ombre… Une boule d’émotion se coince dans la gorge de la petite Terrienne et quelques larmes  viennent altérer sa vision  de ces contrées magiques. La disparition de ces Hautes Elfes et leur courage exemplaire s’étirent dans l’immortalité de ses nouveaux amis : Yuna la fée rebelle, Ditratos le mage blanc et Sidhorion le gardien fidèle. Un sourire teinté de fierté se dessine sur le visage de la jeune dame, les yeux mouillés mais d’où des étoiles brillent d’une lueur elfique.
Sidhorion ressent la boule d’énergie sur son échine. L’enfant s’éveille aux mondes oniriques divins. Le vénérable dragon est honoré de participer à l’éveil d’une créatrice de mondes oniriques. Surgissant de nulle part, le souvenir de Valdérianne apporte une note quasi mystique à ce présent survol avec la jeune invitée de la Terre. D’une légère rotation de la tête, l’œil du dragon plonge un regard empathique dans les yeux minuscules et mouillés de la jeune Terrienne. Sidhorion pense alors :
Brave Dame Valdérianne, vous seriez fière de votre héritière terrienne.
Oui, je le suis!
Une voix angélique fait écho dans la tête de Sidhorion.
Deux sourires se répondent. Une jeune enfant s’éveille, un vénérable dragon s’émerveille.
Le soleil se trouve plus près de l’horizon vers la fin du périple aérien. Sidhorion se pose non loin des deux colonnes du portail de la Montagne de la Réunion. Les voyageurs glissent le long de l’aile tendue vers le sol. L’enfant observe Ditratos et Sidhorion. Maintenant elle sait que des pensées lui sont bloquées. Le monde caché et voilé des adultes lui est familier. Une vague de tristesse pince son cœur pour un moment.
PSSST!
La jeune fille surprise se tourne vers la source de l’appel. Une salamandre ailée la regarde de ces petits yeux bien connus. La jeune amie ne prononce pas son nom. Ditratos a été clair sur ce fait. La petite créature vole à l’oreille de l’enfant.
Laissons nos amis à leur jeu d’adultes, petite enfant de la Terre. Nous devons les comprendre. Une nouvelle contrariante nous a été annoncée par les dragons gardiens. Il faudra remettre à plus tard notre visite onirique. Nous ne voulons pas t’affoler mais des évènements indéfinissables se déroulent présentement dans la vallée voisine des Mondes Féeriques. Ditratos et moi devons vite aller là-bas. Crois-moi, mon amie, il y a là des créatures … euh… qui doivent être surveillées. Nous allons te laisser en sécurité au Temple de Merveilles.
Yuna arrête de parler un court instant, prêtant attention aux pensées télépathiques lui traversant l’esprit.
Sidhorion se porte volontaire à te tenir compagnie durant notre absence. Il saura très bien te guider dans la grande bibliothèque.
Mais il est énorme, il ne peut pas circuler dans la salle!
Tu ne connais pas encore tous les atouts d’un dragon doré.

C’est à ce moment que Ditratos s’approche en compagnie d’un nouveau venu fort intriguant. D’une stature plus imposante que le mage, sa peau est d’une blancheur rappelant le marbre blanc des statues dont l’enfant se rappelle avoir vu dans des musées de sa ville natale. Le regard familier de l’étranger la rassure.
SIDHORION?
Pour vous guider parmi ces mystérieux trésors et légendes cachés dans l’antre de mon ami…
Le Temple de Merveilles. Corrige le mage, prétendant être offensé.
Oups! Excuses-moi, mon vocabulaire s’est endormi avec des centaines d’années sous ces écailles dorées… Prenez tout votre temps sur Gaïa, chers amis, notre jeune voyageuse et moi avons beaucoup de découvertes à partager.
Soit! Répond Ditratos.
Sa main laisse danser ses doigts dans l’air. Le Miroir apparaît alors aux voyageurs du multivers. Un pas plus tard, tous se retrouvent dans le Temple de Merveilles.
Oh là! S’écrit la figure d’ivoire, portant les poings à ses hanches elle ajoute :
La salle atteint des proportions phénoménales. Je me rappelle de cette petite chambre il y a de ça… Attendez!
Sidhorion porte la main à son crane dégarni, tentant de se souvenir…
S’il te plaît, Sid… Laisses tomber!
 Ditratos tape sa main gentiment sur l’épaule de son compagnon millénaire et dit :
Les dates me donnent un coup de vieux.
Ditratos et Yuna s’approchent du Miroir magique saluant leurs amis. Déjà, la jeune Terrienne apprivoise bien la présence de Sidhorion. Une petite main se pose sur le poignet blanc du gardien. Tous les deux font un signe d’au revoir aux deux immortels.
Dans une spirale de lumière, Yuna s’infiltre dans le pendentif. Les deux guetteurs du multivers traversent la surface réfléchissante et laissent les vaguelettes s’épanouir en ondes successives. Sidhorion et sa nouvelle amie, main dans la main, fixent encore des yeux l’espace vide laissé derrière le Miroir disparu. La grande salle illuminée de sa sphère éternelle apporte un grand soupir à Sidhorion qui se tourne déjà sur lui-même, le regard pétillant.
Par où commence-t-on nos explorations, petite? Guides moi car cette salle est tellement plus vaste qu’autrefois. Tu as eu une matinée entière pour y voir plus clair…
La jeune enfant s’exécute en prenant les devants puis s’aperçoit que Sidhorion l’observe d’un air interrogatif. Elle s’arrête et se retourne vers son ami et lui demande :
Qu’est-ce qu’il y a?
Quel est ton nom, jeune dame?
Denizia*
Bien, allons-y… Denizia.
Ainsi, de rayons en passerelles, les fureteurs de mystères s’adonnent à la découverte du multivers sous la lumière éternelle du Temple de Merveilles.
FIN
Renatus, votre chroniqueur.
*…Les deux guetteurs du multivers, Denizia et Sky regardent avec surprise ce miracle des arcanes qui se manifeste devant leurs yeux. Épuisée par tant d’efforts, la fille de la terre s’allonge sur la pierre ancestrale et se couvre le corps de sa cape de plumes. Sky se blottie dans le creux de son ventre, comme dans son nid, pour s’assoupir. Yuna et Ditratos montent aux côtés de Denizia qui sommeille déjà. Yuna chuchote a l’oreille du mage :
-Te souviens-tu de sa première visite a notre Temple de Merveilles? Elle y dormait bien rassurée avec nous, si loin pourtant, de chez elle! C’est qu’elle a un esprit ouvert hors du commun. Vraiment, nous avons fait le bon choix. Denizia sera une bonne ambassadrice de la Terre. (extrait de la Chronique III des Enfants de la Terre)