free counters

jeudi 16 août 2012

Chronique III des Filles des Pléiades (suite et fin)




Des remous de brumes dansent le long des canoës s’approchant de la terre ferme. Les silhouettes grises montagneuses sont les repaires pour Cailla, qui est sur le point de vivre une révélation. Depuis le début de sa quête sur les terres des Filles des Pléiades, l’ambiance est des plus mystique et habillée de magie. La matinée est si jeune que l’astre solaire radie sa couronne de lumière dorée derrière l’immense épine rocheuse. Un épais brouillard masque la vaste et digne étendue sauvage de la forêt des Ifs encerclant la rivière. Parfois les canoës semblent voler à travers une nuée de vagues silhouettes tordues à l’écoute des cris des bêtes sauvages terrées dans les embruns. L’air humide amène les odeurs des landes. Souvent, sur les hauts fonds, d’énormes crocs et des bras squelettiques menacent les voyageurs de leurs formes monstrueuses recroquevillées au dessus des minuscules humains. À moitié submergées ou sous la surface brumeuse, toutes ces présences jonchent la rive. Ces troncs et ces branches s’enchevêtrent telle une muraille naturelle coupant l’accès à l’intérieur des terres. Reposant ainsi depuis plusieurs lunes, tous ces Ifs morts sont en fait de réels gardiens de l’Utérus Sacré.
Les canoës glissent lentement sur la surface calme, en silence. Soudainement, Cailla lève le bras en guise d’arrêt, le poing fermé. Son regard ne quitte pas les eaux… Il ouvre alors la main tendant les cinq doigts, signifiant; NOUS AVONS CINQ VISITEURS. À l’instant même, les sept embarcations s’arrêtent brutalement, comme si une force invisible, sous le couvert du miroir aquatique, les retenait immobilisées. Les compagnons de Cailla savent bien comment se comporter face à cette rencontre singulière. Une attitude paisible et respectueuse est de mise, car le voile entre cette jeune humanité et le monde invisible vient de se déployer. Un simple acte de violence ou une faiblesse de conscience pourrait être fatal lorsqu’il est question de rencontrer le Gardien des Esprits de la Nature, dans ce lieu Sacré.
Un simple petit tourbillon sur la surface, en face du canoë de Cailla est suffisant pour lui dévoiler qui surgira des eaux miroitantes. Il ouvre alors ses deux bras dans un geste de bienvenu. Une beauté inégalée surgie immédiatement des eaux troubles. Avec grâce et légèreté, une créature féminine s’élève au dessus de la rivière, en lévitation, et dépose ses mains dans celles de Cailla. Un moment magique se manifeste lorsque ces deux mondes se croisent du regard… avec un sourire de joie en échange.
« Diaphane Osirian! » Dit le Voyageur.
« Voyageur de Conscience Cailla! Votre appel est le bienvenu à l’Utérus Sacré. »
Comme d’habitude… avec une extrême précision, les deux consciences se connectent comme deux aimants et une merveilleuse union a lieu dans un état d’esprit oublié par le temps : Puisque la reine des Pléiades, Maïa, est partie, les six autres feyades sont encore connectées à la jeune Terre, gardant un œil ouvert sur ses enfants. Autrement, le chaos serait un cauchemar quotidien. Maintenant il est temps que Cailla devienne un Voyageur de Lumière. Il sera doué, vies après vies, de partager le Savoir de la Pierre de Lumière de l’Utérus Sacré.
Pendant qu’Osirian la Nymphe et Cailla s’échangent une rare étreinte, un mystérieux bourdonnement survient à proximité des bateaux d’écorce. Apparaissant de nulle part, quatre minuscules créatures aillées ressemblent à des demoiselles échappées d’un Rêve Divin. Leur peau laiteuse rayonne de beauté à travers les brumes. Une d’elles plane lentement au dessus de l’épaule de Cailla et chuchote à son oreille :
« Bienvenu à la maison, frère Cailla. Je suis Mirhilia, ta sœur fée. Poursuivons notre route vers l’Utérus Sacré qui attend ta semence de l’Éveil. »
Dans un élan spontané, Osirian, Mirhillia et Cailla s’inclinent devant l’autre, en retrouvailles dans cette vie, une fois de plus.
Une des fées se porte volontaire à veiller sur les canoës couchés à l’envers sur la berge, bien dissimulés parmi le mur de branchage. Ainsi, les Géants Maraudeurs habitant la région, passeront leur chemin sans remarquer la présence de viande fraîche humaine dans les alentours. Le groupe des 21 humains s’aventure dans les terres, s’étirant en une longue ligne vivante. Fermant la marche, deux fées masquent leur passage aidées de leurs sortilèges trompe l’œil. À l’avant, Cailla est emporté dans une discussion avec la Nymphe et la Fée, zigzaguant dans une forêt de fougères géantes et d’arbres dont les troncs sont aussi large qu’une hutte d’assemblée. Dominant au dessus des têtes des pèlerins, les ramures verdoyantes les cachent de la vue des grands lézards géants sillonnant le ciel du Royaume des Nuages.
Le voyage est difficile et dangereux, mais Cailla a le cœur tout léger, avec ses compagnes retrouvées à ses côtés, après toutes ces vies vécues ensemble, des mémoires de vies refont surface du temps de la genèse de l’humanité. La file d’aventuriers approche maintenant d’un étroit point de convergence des deux chaînes de montagnes rocheuses. D’ici, nous admirons déjà les Grandes Chutes Purificatrices. Sur le lointain sommet, les eaux se jettent du cœur d’une forêt dense qui ne peut être vue qu’en chevauchant un Dragon qui la survole. Mais du sol, la majesté fluide caressant le flanc lisse et reluisant de la falaise est sidérante et invite à la contemplation enracinée d’un respect divin.
Sur le haut d’une colline, Cailla s’arrête et se tient tel une pierre levée devant cette merveille. Les trois silhouettes paraissent minuscules sur leur monticule, devant le mince ruban laiteux qui devient un immense brouillard se déposant sur la surface d’un lac, au pied de la vibrante beauté lactée. D’un regard inondé de larmes, Cailla se tourne vers Osirian et Mirhilia et dit, se tournant de nouveau sur le paysage unique :
« Ça s’est passé il y a si longtemps! »
« Oui, mon cher! » … Les deux êtres magiques lui répondent en écho.
Pendant que ses vingt compagnons se rassemblent autour de lui, affichant des regards éberlués sur le splendide site naturel, Cailla ajoute :
Nous étions tous ici, rappelez-vous! Nous étions là au tout début, les premiers à franchir les Chutes Purificatrices, provenant de l’Utérus Sacré, nous, de nouvelles âmes mises au monde. »
Osirian secoue sa tête avec grâce soulevant une vague de longs cheveux en tourbillon dans le vent et dit :
« Voilà, d’ici j’inspecterai le lac la première. Je dois m’assurer que vous le traversiez tous sans danger. Profitez-en pour vous reposer et rejoignez moi plus tard sur la berge. »
Dès qu’Osirian disparaît derrière le mur de fougères, Cailla s’offre un moment précieux entouré de ses loyaux fervents encore en totale contemplation devant la formidable chute d’eau.
Marchant gracieusement mais éveillée de tous ses sens, Osirian se montre vigilante.
« Quelque chose nous épie! » Dit Mirhilia qui devient visible au dessus de l’épaule d’Osirian.
« Je ressens sa présence, c’est sûr… et c’est moi qui l’intéresse… Je le sais par sa signature malveillante qui traîne à mes côtés et ce depuis que nous avons laissé les canoës derrière. » Ajoute la Nymphe Osirian avec confiance.
« Je le savais… Et bientôt en sera-t-il de l’affrontement… J’ai une bonne idée. Cette bête malveillante mordra la poussière… euh… sera immergée d’une nouvelle réalité, devrais-je dire! » Dit Mirhilia en prenant son envol dans élan rapide. Les deux amies s’échangent un clin d’œil, Mirhilia disparaît dans un éclair bleuté et Osirian s’élance en courant à toute vitesse vers le lac.
Blottie sous un voile de peur et de doute, la créature attend et observe Osirian et sa maudite fée : « Bientôt, je piétinerai ces deux vermines… Je savoure déjà ma revanche sur ces décevantes créatures. » La vision du prédateur est claire et pénétrante, froide et nette, quasi passionnée. Dans une traînée mentale, la créature s’impatiente voyant ce rat volant s’évanouir dans l’air. Elle se dévoile dans un saut et se lance à la poursuite de sa délicieuse proie… savourant déjà la tiède, tendre et juteuse chaire entre ses crocs. Elle se rapproche rapidement de la faible créature pélagique. La vision du poursuivant montre bien une Nymphe au désespoir. Mais soudainement, malgré la proximité du lac sécuritaire, Osirian freine sa course et se retourne lentement vers l’entité vicieuse, avec un sourire moqueur aux lèvres.
L’assaillant infernal cesse immédiatement la poursuite… « Quelque chose ne va pas du tout! » Il ne s’en doute pas encore, mais c’est la dernière pensée de sa vie… Sur un dernier soupire, l’environnement tout entier se métamorphose. Provenant de la forêt familière, un énorme mur d’eau s’écrase sur lui. La dernière vision qui s’offre à lui est le calme sourire sur le visage d’Osirian distordu dans un tourbillon de bulles et d’eau l’écrasant avec la violence d’une masse maniée par la Mort elle-même. Osirian, baignant dans son élément en totale liberté, nage gracieusement vers le corps reptilien laissé sans vie en suspension, comme une poupée oubliée. Osirian saisit sa queue écaillée et ramène la dépouille vers les eaux peu profondes.
La Nymphe émerge du lac, traînant la créature comme un sac. Non loin de là, Mirhilia est confortablement assise sur un rocher, laissant courir ses doigts dans sa chevelure, en parfaite confiance, voyant le chasseur gisant sans vie sur la plage. Mirhilia s’exclame : « Oh! Elle était une Reptilienne… belle prise, Osirian! »
La Nymphe porte ses poings à ses hanches et regarde son amie Fée. « Merci beaucoup, ma chère! Mais sans ton sortilège d’illusion, j’aurais été dans de beaux troubles… ou tout au moins avec des morsures et blessures sur tout le corps… et sûrement violée aussi! Car vois-tu, je la connaissais bien, elle avait cette fâcheuse habitude d’être toujours à nos trousses, les Esprits de la Nature. »
« La connaissais-tu depuis longtemps? » Mirhilia demande-t-elle en prenant son envol vers Osirian pour bourdonner sur place en face d’elle.
« Eh oui, elle s’appelait Hellishia et fût ma première mission politique, il y a de ça des éons. Nous étions supposer de faire équipe à la création d’une nouvelle ère de paix… Hmmm! Je me rappelle encore de sa façon de me regarder dès ces premiers âges. Elle était tellement dominée par ses propres satisfactions avant tout. Imagine, Mirhilia, elle était androgyne… et très attirée vers moi… »
« Ha, ha, ha, ha! » Mirhilia ne peut s’empêcher de rire avec force. « Comment se fait-il ça n’a pas abouti entre vous deux? Je ne comprends pas… Vous aviez tellement de choses en commun! » Regardant de nouveau Mirhilia, Osirian sourie : « Bien sûr! Mais tu dois savoir que les Reptiliens dévorent leur partenaire après leurs ébats passionnels! J’avais d’autres plans dans ma vie que de finir mes jours dans un ventre! »
« Hmmm! C’est un bon point, ma chère! » Lui réplique son amie ailée. « Disposons-nous de son corps? » Mirhilia ajoute-t-elle en baissant les yeux sur le cadavre.
Tout en haut de la colline, Cailla rassemble ses affaires après une brève pause. Une lueur bleue attire son attention sur les rives du lac. « Bon! La voie est libre. Allons-y, mes frères et sœurs, le moment est venu de rejoindre nos amies Osirian et Mirhilia! »
Une autre page de l’histoire de l’humanité est écrite; Le groupe d’humains s’assemblant aux pieds des Hautes Chutes Purificatrices. Les pèlerins sont émerveillés de tous leurs sens. Plusieurs oiseaux blancs planent en cercles dans les brumes et tout le long du ruban d’eau laiteuse. Le vent est frais et aromatique, transportant des tourbillons de gouttelettes tièdes qui contrastent avec l’air rafraîchissant. Le groupe est toujours sous le couvert des longues branches des Ifs géants. Les racines se fondent parmi les pics rocheux en contrefort de l’épaisse forêt. C’est là que Cailla rejoint Osirian et Mirhilia; Tout les deux très affairées et concentrées à la plus urgente et importante activité à la portée de la main. Bourdonnant et oscillant autour de la tête d’Osirian, Mirhilia est en pleine création d’un réel chef d’œuvre en haute coiffure pour son amie la Nymphe. Il est difficile de dire si la magie féerique ou des centenaires d’années d’expertise est à la source d’une telle réalisation…Hmmm!... À la fois délicate, majestueuse et renversante. Les Esprits de la Nature sont bien connus comme étant les instigateurs dédiés à la floraison de la beauté émanant d’une femme. Osirian et Mirhilia sont si absorbées à leur tâche qu’elles ne semblent pas remarquer la présence de Cailla.
« Bon… eh bien hum! Et puis… Vous avez faites face à une résistance, à en juger par la présence de la lueur bleutée féerique! » ( notes de Renatus : voir la Chronique III des Enfants de la Terre. http://www.chroniquedumiroir.blogspot.com/ )
Mirhillia, toujours bourdonnant comme une abeille, entrelace une tresse autour de la gracieuse sculpture de cheveux reflétant parfois un rayon doré du soleil matinal qui perce ici et là la toiture verte des énormes branches d’Ifs surplombant le groupe. « Mon cher Cailla, dit Mirhilia, nous ne pouvons pas se permettre la visite de Géants Maraudeurs attirés par l’odeur d’un corps de Reptilienne. » Cailla réagit aussitôt fronçant d’un sourcil. Osirian ajoute alors affichant un sourire et regarde Cailla : « Et tu ne veux pas voir cette créature… Hellishia était mon ennemie, soit!... Mais aujourd’hui est un jour béni, puisqu’elle n’est plus sur mes talons, une fois pour toute! » Avec une dernière touche artistique sur son œuvre, Mirhilia change de sujet : « Bon!... Je vais bientôt ouvrir le portail sur le Royaume de l’Éther, pour nous permettre de traverser le lac vers les Chutes Purificatrices. »
Pendant que les pèlerins se dévêtissent de leur tenue de voyage pour porter la robe blanche de rituel, Mirhilia et ses deux compagnes ailées entament l’incantation du Monde de l’Éther pour ouvrir le tunnel à travers la matière dénommé par les Anciens « Le Pont Sacré de Poussière d’Étoile. » (Voir Chronique I des Filles des Pléiades.)
Pas très loin derrière le groupe, de l’intérieur de la forêt, un grand tumulte retentit. Osirian et Cailla se regardent avec inquiétude. Osirian coupe court à l’interrogation : « LES GÉANTS SONT SUR NOUS!... Ils ont figuré où nous sommes. »
Serrant les dents, elle ajoute… « Leur chaman a sûrement torturé un des nôtres encore! » Osirian regarde vers le mur d’Ifs alors que derrière elle un phénomène étrange altère l’essence-même d’un point au dessus de la surface du lac. L’attention de Cailla va et vient entre le portail et Osirian. Il ressent très bien l’énorme colère brûlant dans le cœur de la Nymphe dévoilant bien l’enjeu. Le cœur d’Osirian est déchiré à la pensée de ses sœurs de race succombant sous la cruauté du chaman géant.
« Allons, ma chère! Laisse tomber… le portail est là. Ne vas pas rater le Passage pour une poignée Cailla de géants! » s’approche d’elle lui prenant le bras gentiment. Mais Osirian réagit avec force et tourne son regard vers Cailla : « Non! Je résiste! Ces cervelles de noix vont goutter à mon essence. Je le fais pour mes sœurs qui ont disparu par le portail de la torture. »… Avec des yeux larmoyants, elle se retourne vers le mur sylvestre, libère son bras de l’emprise de Cailla et lève les bras vers les Maraudeurs s’approchant de la lisière de la forêt.
Cailla est sidéré par le courage d’Osirian et s’écrit : « Alors… je résisterai à l’assaut aux côtés de mon amie, pour toutes ces vies vécues ensemble, peu importe l’enjeu! »
En cet instant critique, les branches à proximité tremblent déjà sous l’implacable avance écrasant tout sur son passage. La terre gronde sous ces pas massifs battant le rythme de la mort confondu aux palpitations du cœur de Cailla. Le temps se fige en pressant toute vie résiduelle où la foi est secouée. La bravoure est affutée comme un couteau à sacrifice. Le sang cogne dur aux tempes. La gorge s’assèche comme du sable sous un soleil plombant. La puanteur des assaillants envahit les narines.
Mais un brusque changement d’air traverse les branches et un arôme pélagique et salé remplace l’odeur musquée. Bien qu’encore cachées par l’épaisse muraille verte, les créatures massives s’approchent émettant des sons gutturaux. Ces bruits sont masqués par un invisible déferlement d’eau rugissant vers Osirian et Cailla. Les arbres résistent au puissant déluge. Agissant comme un tamis géant, les Ifs laissent passer une pluie d'eau salée, tombant sur le groupe d’amis dans un arc-en-ciel de couleurs captée par la lumière du soleil. Cailla est toujours en position d’alerte, prêt à jeter son sort, mais il figure vite ce qui vient de se produire. Soulagé, il recule d’un pas et regarde Osirian: «Alors là... Attention à toutes âmes qui vivent, la puissante Nymphe Osirian est de retour! ... Je suis si heureux d'être de ton côté, ma chère! Sentir mon sang et mon corps transformés en eau de mer n'est pas des plus passionnants!» Osirian lui sourie, mais toujours avec cette détermination scintillant dans ses yeux. Balayant du regard le mur d’arbres trempés, elle ajoute : «Tous les esprits de mes soeurs sont honorés ... leurs sacrifices m’a motivé à faire disparaître ces énormes vermines sans laisser de trace. Après tout, notre passage doit demeurer secret ... jusqu'à ce que l'humanité future marche de nouveau sur ce chemin d’éveil! »
A ces mots, un vent chaud souffle du lac. Au dessus de la surface de l’eau, une distorsion se dessine dans l’air, tel un iris. Cet énorme oeil regarde le groupe. En son milieu, détourant l’iris, trois fées forment une ronde, les bras étendus. Ils ressemblent à trois libellules en union, comme un triskèle : le passé / présent / futur aux portes du Royaume de l'Éther. Ces grâces ailées sont de merveilleuses chanteuses émettant de douces notes qui bercent toutes les âmes présentes. Osirian rejoint la chorale féerique de sa voix charismatique: «Puissions-nous tous procéder à la purification de notre cœur et âme. Laissons nos élus pèlerins marcher vers la prise de conscience de leur nouveau destin. »
Empruntant ce tunnel qui sillonne à travers toute matière, les futurs Voyageurs de Conscience, ébahis par le phénomène, regardent ce qui se déroule au dessus de leur tête, dans un ciel pas des plus invitants. D'énormes lézards volants tournoient près du sommet de la Chute Purificatrice. Cailla les rassure d'une voix calme: «Vous marchez maintenant dans le Royaume Éthéré. Ici, Vous êtes tous très en sécurité et invisibles du monde extérieur. Ces dragons dégénérés ne peuvent pas vous voir. Ancrez-vous dans le présent et tous ensembles nous allons traverser la Chute Purificatrice.» Au moment même où le premier pèlerin s’approche du point où la chute d'eau devient une zone de brouillard blanc et argent, une paroi translucide teintée de sept lumières se déploie comme un arc-en-ciel. Ces lames à sept couleurs transpercent chacun des corps, chaque coquille, chaque porteur d’âme. Une douce expression de joie rayonne sur le visage de chacun des compagnons une fois qu'ils sont glorieusement touchés par les Sept Énergies des Filles des Pléiades. Cailla, Osirian et Mirhilia se regardent avec fierté et grande complicité ... édifiée et renforcée vies après vies, comme des hirondelles construisant  leur nid.
Les pèlerins entourent Cailla à l'entrée cachée derrière la chute. Derrière eux, l'épais rideau brumeux joue le rôle d’une porte d'argent scellant l’Utérus Sacré de l'extérieur. Cailla grimpe sur un rocher pour être bien vu et d’une voix retentissante: «Ici, nous sommes à la source de toute renaissance ... Chacun d'entre nous va renaître dans une nouvelle conscience! » À ces mots, une faible pulsion lumineuse bat son rythme du centre même de cette grotte gigantesque. La voûte révèle alors ses proportions inhumaines en un véritable temple aux allures titanesques. Trois énormes piliers naturels sont recouverts de cristaux, mais l'aspect le plus curieusement attirant est ce joyau majestueux, créé il y a des millions d’années par l'union de Cibellia et Galaxos (Chronique I de Filles de la Pléiade). La semence d’amour de Galaxos s’est cristallisée ici. Avec le temps, le cristal est devenu le gardien, le détenteur des mémoires de la création de la Terre et de ses enfants. Cet énorme cristal central est une agglutination d’éclats lumineux reliés ensemble par leurs souvenirs, Lumière et Amour... l'essence même de leur création. De plus près, nous voyons et ressentons les pulsions du cœur de la Terre ... plus nous nous rapprochons de cette pierre levée, de sa Lumière Bénie, notre cœur-même s’harmonise avec ce rythme ... rythme ... rythme ... comme un seul battement de coeur ... ensemble ... synchronisés comme des vagues caressant la rive. L'unicité se fait sentir, la joie est immense, le Divin est Un dans tous ces éclats. L'impulsion lumineuse de la Lumière est magnifique. Toute la beauté et pureté du cristal sont révélées.
La main de Cailla se rapproche de la pierre chantante ... et une après l'autre, d'autres mains se rapprochent et touchent la prime pierre de l'Utérus Sacré. Tous les pèlerins s’approchent de la pierre levée. Tous et toutes, Osirian, Mirhilia, les deux autres fées battent le rythme de leurs ailes, touchent, connectent à la Pierre Lumière Sacrée. Soudainement, les souvenirs de la Terre elle-même fusionnent avec ceux de Cailla; les premiers enfants qui marchent sur la terre immigrant du centre-même de la Terre Mère, les sages Géants de Cristal, les Dragons Chromatiques, les baleines gardiennes des Clés des Abîmes, les dauphins guérisseurs et leurs Sirènes, les pachydermes appelés les gardiens d’Amour, les sept fées sages du ciel du nord appelées plus tard les Filles des Pléiades et tous leurs Esprits de la Nature.
C’est alors que nos trois amis se regardent avec une poussée d’Amour amenant des larmes à leurs yeux, tel des gouttes récoltées à même un océan d’accueil immortel, rayonnants comme trois phares dans la nuit. C’est à ce moment précis que ce pèlerinage prend tout son sens. La surface de la Pierre Lumière se fracture en autant de fragments que d’âmes présentes et chaque éclat se reconnaît dans chacun des cœurs…
Dans chaque regard, nous voyons l'immortalité étincelant du passé et de l'avenir ...
Dans chaque respiration, un miracle s’opère, la vie s'exprime ...
Dans chaque flux sanguin, le fleuve du temps se trace, les événements mémorisés se diffusent, se courbent et se bouclent comme un ruban de Moebius ...
 Dans chaque âme présente, une voie temporelle claire se dessine. L’avenir de la Terre Mère germe dans chacun des Voyageur de Conscience, renoués à la vie. Imitant Cailla, ils se prennent la main en reculant de quelques pas, pour former une ronde qui se déploie autour du centre de l’Utérus Sacré.
A ce moment précis, Cailla sent le sommet de sa tête entraîné dans un remous d’air tiède. Il ouvre les yeux, se demandant si toutes ces images reçues allaient rehausser la nouvelle conscience de ses compagnons. Il tourne alors naturellement son regard calme vers la personne à sa gauche. Le jeune disciple réagit entouré de la même sérénité d’expression et renvoie à Cailla une belle complicité. Il sourit à travers la lumière qui émane de tout son corps et de sa voix profonde habituelle, il dit: «Oh! Vous êtes là, princesse Delfine. Vous vous êtes bien cachée, parmi les vingt élus. Vous êtes plus qu'une héritière du sang royal dissimulée pour survivre aux intrigues de la cour.» Un peu gênée par la justesse des commentaires de son Maître de Conscience, Delfine montre néanmoins une grande fierté et de la grâce puisqu’il n'est plus nécessaire de les déguiser et elle ajoute:« Votre perspicacité m’honore, Maître Cailla. Je dois admettre que je me sens soulagée de lever le voile sur toutes ces années et ces siècles de constante vigilance, évitant les complots, les tentatives d’assassinat… Contrainte à m’enfoncer plus loin et plus profond dans les sombres replis de chaque univers, j’ai développé une seconde nature à survivre. Je devais trouver seule les ressources disponibles mais enfouies dans des recoins obscures de chaque civilisation.»
Comme tous les autres pèlerins se regardent en toute reconnaissance, en écho au même flux de la conscience intemporelle, le cercle des nouveaux êtres éveillés s’harmonise lentement à l’impulsion invisible de la Pierre Chantante de l’Utérus Sacré. En une seule voix, de concert, Cailla, Osirian, Mirhilia et ses deux sœurs ailées entament leur Chant aux Esprits. Cette mélodie est la chanson Primordiale Sacrée, la Voix Divine de la Source transmise aux Esprits de la Nature par la Reine Maïa et les six Filles des Pléiades, il y a de cela des éons. Émergeant de l'essence même de l'immortalité, où toute forme de vie prend  racine, où la première brise de passion fût soufflée par les deux êtres célestes Galaxos et Cybellia, où l'humanité était un Rêve Divin encore en processus de germination.
Tout au long du rythme du Chant Sacré faisant écho, l’immense grotte s’illumine de son centre. La lumière courre, glisse, s’intensifie et donne vie au cœur même de la montagne. Un rayonnement éblouissant dévore de sa lumière toutes les silhouettes présentes. Le degré de luminance atteint un seuil aveuglant où les corps physiques s’unifient avec la radieuse clarté.
En une seule pensée, dans une volonté, dans un élan d'amour, toutes les âmes emballent ensemble le présent de cet instant qui est; LE PRÉSENT DE DONNER LA VIE PAR ET POUR LA VIE. La voix de Cailla fait écho: «Tous et chacun sommes un. Tous et chacun ressentons l’unicité. Nous sommes les mémoires des civilisations, des races et toutes formes de vie du passé, du présent et du futur. Nous sommes un dans un état intemporel. Nous sommes le ciment de notre Amour et Lumière. Nous sommes un moment historique. Par notre travail dans la conscience, nous sommes en mesure de voyager, d’entrer et sortir de chaque réalité, chaque illusion. Notre fréquence nous élève vers nos racines ... vers notre Mère Arbre de Vie.»
Presque trop éclatant pour les yeux, le phénomène prend un nouveau tournant: Tous les vingt âmes deviennent diaphanes et lévitent pendant un certain temps dans le milieu de l'immense lieu sacré et une danse commence. Surplombant la Pierre Chantante centrale, ils s'alignent en une file, comme un ruban. Cette corde d'argent de vingt étincelles évolue sous la forme d'un «8», s’élevant vers le haut de la voûte, le ruban d’âmes est littéralement avalé, en communion et totale reconnaissance. Ici, dans la chair de la roche, les nouveau-nés utilisent cette connexion à la pierre pour démarrer leur nouvelle mission spécifique  comme Voyageurs de Conscience dans tous les royaumes et plans du multivers.
FIN
Épilogue:
La fée laissée à la garde des canots n'est pas surprise de voir Cailla, Osirian, Mirhilia et ses deux autres sœurs ailées, tous rayonnant d’un charisme renouvelé. Elle dit: «Bienvenue à nouveau, mes chéris! Je vois qu'une nouvelle génération de Voyageurs de Conscience a été offerte au multivers.»
Cailla et Osirian, main dans la main, sortent de la paroi épaisse de fougères. Ils touchent leur cœur avec leur main libre et saluent bien bas leur fée gardienne. Cailla ajoute: «Oui, en effet, le multivers a reçu notre présent. C’est toujours notre plus beau cadeau, notre présent!» Cailla ne peut pas résister à sourire à Osirian à la fin de sa phrase. Un beau sourire qui reflète tous ces siècles d’amour réel distancié brille sur le visage de la nymphe. L'atmosphère est béni tout autour de Cailla et Osirian. Mirhilia et ses trois sœurs sentent bien la vague d'amour créé en cet élan d'énergie en mouvement. Avec ce pèlerinage vers l'Utérus Sacré, la nymphe et l'humain accueillent leur réunion sur le fleuve du temps par leur propre dévotion à l'éveil de l'humanité, leur motivation commune.
À suivre…
( d’autres chroniques sont au stade de traduction et seront bientôt éditées)
Rénatus, votre chroniqueur.


mercredi 8 juin 2011

Chronique du Miroir XIII


"Une rébellion nous a ramené à se terrer comme des vermines Duergar. Cette pourriture d'Arachne a utilisé de la Magie Blanche interdite. Mais nous saurons reconquérir ce qui nous est dû. Les âmes des Arachnes rebelles seront offertes tel que convenu, à sa Dame des Enfers. Que votre beauté dévore leurs âmes."
Depuis deux heures que la rébellion fait rage dans les Méandres Intérieurs. Arachnéida, la "Veuve Noire", reine des elfes noirs, s'est retirée dans son Sanctuaire Privé pour se recueillir devant sa Déesse clandestine. Les derniers événements violents viennent accélérer ses plans. Arachnéida sait maintenant qu'elle doit agir rapidement et tirer profit de la confusion actuelle pour honorer sa nouvelle Déesse. C'est dans quelques instants que se jouera un grand coup d'état.
Fermant son grimoire de voyage, elle regarde pieusement la couverture, faite de cuir d’Arachne. On y voit embossée l’image d’une femme nue, dotée d’ailes démoniaques. La figure féminine, avec ses jambes se terminant par deux pattes de griffon, inspire le respect. À ses pieds, une inscription en runes infernales se traduit ainsi : « FEMME DE LA DÉPRAVATION o FEMME DES TROIS MONDES o CELLE QUI SAIT o CELLE QUI VEILLE AU CRÉPUSCULE o LILITH o PREMIÈRE DÉMONE.
Arachnéida ferme les yeux. D’un baisé sensuel, elle pose ses lèvres noires sur l’icône de Lilith et glisse le grimoire sous ses amples vêtements de reine. Le sanctuaire privé de la reine Veuve Noire est une simple petite poche d’air, une grotte éclairée de cristaux verts, décorée de têtes squelettiques d’elfes noirs mâles vampirisés, de carcasses d’Arachnes qui en savaient trop sur la foi clandestine de leur reine. Arachnéida se tourne vers la surface cristalline du mur pour s’y intruser. Traversant la masse tellurique, elle ouvre un lien télépathique avec sa déesse Lilith. Une prière pleine de ferveur enflamme ses esprits, cheminant vers le lien de consécration.
Malgré l’état immatériel d’Arachnéida qui traverse les couches de strates souterraines, l’incursion de la pensée démoniaque de Lilith vient altérer ses forces vitales. La Veuve Noire doit agir ouvertement, maintenant. La clandestinité de sa foi n’est plus nécessaire.
L’appel infernal est puissant. Du fond des enfers, Lilith projète ses pensées sur Arachnéida et ses deux gardes-du-corps : Deux elfes noires guerrières choisies pour le grand rituel de consécration. Parcourant les Méandres Intérieurs, le magnétisme démonique atteint son but. Dans ses appartements privés, Arachnéida est la dernière à s’y extruser. Devant elle, les deux superbes elfes guerrières ont répondu à l’appel de Lilith. Dans les lueurs verdâtres des cristaux ceinturant la chambre privée de la Veuve Noire, l’esprit de Lilith est perceptible.
En un éclair rouge écarlate, les trois femmes basculent dans un espace-temps secret. Elles deviennent invisibles. Disparues de ce monde, elles sont à la merci de leur déesse. Dans les griffes de la femme de la dépravation, la consécration de trois âmes s’opère dans l’invisible. Plusieurs heures plus tard, le voile de la réalité se tisse à nouveau devant les yeux des trois prêtresses consacrées, trois entités ramenées d’un ailleurs imprécis, trois âmes touchées par les plaisirs des enfers, trois servantes de la Dame des trois mondes.
Arachnéida, Lili et Lilia… toutes les trois se regardent avec des tisons passionnels crépitant toujours dans leurs yeux ténébreux. Une puissance infernale les habite, maintenant que le voile du réel se rabat autour d’elles… Maintenant que la vie continue et que Lilith les attise, la réalité se tresse devant les trois choisies par la première démone des enfers.
Arachnéida s’extruse de la masse tellurique avec Lili et Lilia à ses côtés. Elles se regardent intensément. Elles se ressentent une dans l’autre comme si elles s’étaient offertes à la passion de l’autre. Curieuse faveur de Lilith qui se manifeste ainsi dans les fibres de leurs désirs.
Ramenée dans son ultime quartier général de fortune, à la limite des frontières elfiques des Méandres Intérieurs, Arachnéida reçoit la Succube espionne qui se matérialise devant elle, traversant le voile du Monde Onirique. La Veuve Noire, Lili et Lilia sont entourées des six Arachnes qui ont survécues aux derniers événements. Des douze Arachnes formant le Concile des Elfes Noirs, elles sont les dernières Arachnes encore vivantes.
La charmante Succube chante alors de sa voix onduleuse : Les nouvelles sont très dramatiques. Les Fomores de toutes les caves interdites ont été ranimés. Aussi, les spectres des guerrières Hautes Elfes se sont libérés... Nous devrions bientôt être envahis par cette nuée de Banshees. 
Ainsi se poursuit le rapport officiel présenté au Concile des Arachnes. Dans un même temps, son langage du corps et l’interprétation des symboles oniriques connus seulement d’Arachnéida, dépeint un tout autre portrait de la situation :  La civilisation des Elfes Noirs et des Arachnes sont décimés. C’est fini! Les démons incubes sont à leur poste sur les rivages oniriques et s’activeront à la dévoration des Arachnes à la fin de la séance. Soyez prêtes, mes sœurs. Vos consécrations à Lilith vous donnent une nouvelle légion de démons au nombre de 69. En effet, les servants de Sa Beauté ont déjà dévoré la Garde Noire et chaque serviteur mâle elfe, sauf un, a été offert à l’hôtel de Sa Beauté Lilith. Le sacrifice a ouvert le portail et la légion des 69 démons des enfers déferleront sous la Lune d’argent lors du prochain crépuscule tel que prévu. 
Une fois la séance terminée, le protocole du silence obligatoire est respecté… pour laisser le groupe des six Arachnes se consulter télépathiquement. C’est à cet instant précis que le coup d’état éclate. De leur rivage onirique, des incubes, au nombre de douze, s’abattent comme l’éclair sur les Arachnes et les dévorent à grands coups de crocs et de griffes. Du sang et des corps d’Arachnes démembrés sont projetés partout. Telle est la violence de l’impact. Ensuite, par fuite onirique, les succubes et les incubes disparaissent, libérés de leur carnage. « Je vous rejoins tous avant le crépuscule, pour la grande dévoration de la pleine lune. » C’est la voix d’Arachnéida qui fait écho dans le quartier général couvert de tarentules avides de chair fraiche. La nouvelle prêtresse de Lilith doit faire un détour du côté de la Roche-aux-fées. Là-haut, les pierres qui chantent lui donneront l’identité véritable des instigateurs de cette rébellion.
L’ex-reine des elfes noirs s’intruse sûrement une dernière fois puisqu’elle règne maintenant à la tête d’une légion de démons incubes/succubes qui vivent sur les rivages des rêves des mâles ou des femmes qui deviendront une nourriture parfaite pour elle et sa nouvelle armée. « Je m’approche de vous, insipides guetteurs du multivers, je m’élève vers la lune et ses nuits ensorcelées. Je serai l’Ombre de votre Lumière et vous participerez à mes épiphanies. Nous serons les danseurs d’une chorégraphie chaotique. Nous serons les joueurs de la destinée. Nous serons les pions des rêves divins. Et toi, rôdeur stérile des mondes parallèles, je te promets des défis à la hauteur de tes illusions. Je jouis déjà de vous voir, Yuna et toi, maraudeurs du multivers, enchainés dans vos désuètes interventions. Vous n’êtes que des marionnettes de foire sur des mains de faux dieux qui s’amusent avec votre immortalité. Gloire à la femme des trois mondes, Lilith…sensuelle Déesse. »
ÉPILOGUE
Noirceur, ténèbres, obscurité…
Trois synonymes de frayeur intense où l’âme n’a de valeur que lorsqu’elle survit aux griffes vampiriques des Arachnes des Elfes Noirs. Mais ici, ces trois mots disparaissent avec la chute d’un empire, dans les odeurs cadavériques des carcasses d’Arachnes sur le dos, offrant leurs entrailles à l’obscurité, dévoreuse de défaite et déception. Ici, gît les restes démembrés de ces six puissantes Arachnes, jadis sous la glorieuse protection de la Déesse des Ténèbres la plus crainte des Méandres Intérieurs. Cette Déesse est déchue, sans fidèle croyant pour nourrir ses désirs de pouvoir, sans rituel sanglant pour assouvir sa soif d’éternité. Cette Déesse déchue apparaît dans la salle comme une faible flamme verdâtre à peine plus étincelante qu’une chandelle… à peine matérialisée, la masse est informe et diaphane puisque sans image mentale projetée par ses croyants maintenant défunts.
SANS FORCE...
SANS LÉGION…
SANS ARMÉE…
Cette Déesse déchue, translucide et sans aura de domination, est vidée de ses égrégores jadis puissants. Amputée de ses ultimes dernières Arachnes qui sont sans essence démoniaque, sans âme, servant de nourriture aux Tarentules. Ces dernières, seules survivantes de cet empire qui traumatisait toutes les races porteuses d’âmes, à travers les Méandre Intérieurs.
Cette Déesse déchue devra se limiter à s’incarner dans une espèce rampante et carnassière, sans culture ni richesse. Ces Tarentules survivent aux saisons des civilisations. Cette race traversera les éons du temps pour devenir la future domination d’une Déesse déchue. Des flammes flottantes dans l’air putride s’abaissent une à une sur les Tarentules poilues et toutes frénétiques à s’arracher les derniers lambeaux d’entrailles d’Arachnes. Dans un tremblement collectif, les créatures déifiées deviennent les porteurs de l’héritage d’une Déesse déchue. Elle dormira quelques décennies, ainsi portée par ces Tarentules et sera la future horreur des Méandres Intérieurs.
Une future némésis qui rampe pour le moment mais qui vampirisera bientôt d’autres victimes qui, de leurs âmes, viendront nourrir la Déesse des profondeurs, éternelle.
Une Déesse qui se souviendra, se vengera et enfermera Arachnéida, pour l’éternité, dans la noirceur, les ténèbres et l’obscurité.
Fin de la chronique XIII

mardi 7 septembre 2010

Chronique II des Filles des Pléiades



« Ils étaient des centaines de milliers de sombres silhouettes à sortir de leurs crevasses, de ces tunnels sinueux envahis par de telles créatures aussi rapides que des araignées, pourfendant, claudiquant, sautillant, tel de réels démons des Enfers. Le coeur même des montagnes était subjugué par cet exode d’ombres extirpées des entrailles de la jeune Terre. Comme des fourmis, des légions entières de guerriers noirs déferlaient fiévreusement hors de leurs antres cachés et se déversaient sur les flancs de chacun des versants rocailleux, dans une horrible réaction en chaîne. La paisible vallée forestière était totalement envahie de tous côtés et malgré la magnifique présence de ces Ifs géants, rien ne semblait s’opposer à ce viol de la Forêt Sacrée par cette marée de bêtes sans âme. »
Le conteur est tout en émoi et doit arrêter brusquement son récit pour reprendre le contrôle sur sa voix tremblante d’émotions. Sa jeune audience est émerveillée devant ce Voyageur des Rêves Divins. En un moment volé au temps, le conteur continue son envolée de mots bercés par sa charmante voix. Avec la grâce d’un cygne, le conteur tend ses bras. Dans un même élan, sa voix emprunte un ton léger sur des accents elfiques :
« Du coeur de la Forêt Sacrée un chant est transporté par le vent entre les branches du Royaume Vert. Dans un crescendo mystique d’une langue ancienne, la psalmodie fait écho à travers la vie sauvage. De la quintessence des Esprits des Ifs, les paroles féeriques valsent parmi les troncs géants et les fougères. »
Comme un véritable esprit réincarné, le conteur devient vent d’espoir, inspiré par la genèse de la forêt septentrionale.
« À la vitesse de la lumière, cette vague devint un mur en expansion fondé sur une puissante énergie incendiaire…non pas envers la forêt mais contre ces esprits déviés, ombres des royaumes souterrains. Vous auriez dû voir ces vulgaires corps littéralement démembrés par l’impact de vie : la Psalmodie du Royaume Sauvage de la forêt d’Ifs. Toute cette armée aussi préparée soit elle pour écraser et conquérir, a été démantelé en un instant. »
Le conteur lève alors les bras, formant un V, et clape des doigts ensemble.
« Et ici vous fût raconté la toute première mission du mystérieux Cailla, le seul humain digne de suivre le Chemin du Voyageur de Conscience. »
FIN (mais à bientôt avec la Chronique III des Filles des Pléiades)
Renatus, votre chroniqueur.

jeudi 29 juillet 2010

Chonique du Miroir XII



Deux âmes immortelles voyagent en intrusion dans les Méandres Intérieurs. Les deux compagnons d’aventure sont à une coudée de la Voûte des Lamentations. Yuna, d’une pensée télépathique à son ami, rompt le silence mental : « Cher ami, nous apparaîtrons devant cet égrégore vieux de plusieurs milliers d’années. Avant que leur cri qui arrache l’âme en ait fini avec nous-deux, je te propose une idée… »
« Un fomore! » Pensent-ils en simultanée.
Une fois de plus, ici-même, incorporels et invisibles dans la pierre la télépathie démontre à elle seule la dynamique unissant Ditratos et la fée Yuna.
Dans un seul élan, ils sautent en extrusion, dans la voûte des lamentations. Ici, les spectres des hautes elfes sont tenus captifs par les nécromants d’Arachnéida. Devenues des banshies, les hautes elfes guerrières ne sont plus que des âmes errantes. Jadis, tuées par les soldats d’Arachnéida, ces nobles combattantes furent le dernier chant du cygne d’une civilisation de lumière.
Ici, l’égrégore de la vengeance règne en roi et maître. La seule vision d’un elfe noir ou d’une Arachne suffit à déchaîner le cri collectif qui tue. Mais Yuna est vive comme l’éclair. Visant la base de la paroi rocheuse, ses jets de lumière féerique éclatent sur la surface des murs. La lumière magique serpente le long des interstices entre les pierres difformes et soudain, la Magie Féerique se reconnaît dans un amas de Pierres Ancestrales. Le Fomore est ranimé, nourri de mémoires oubliées, infusées par la magie-même qui circule dans la Roche-aux-fées, à des centaines de lieues d’ici et pourtant partageant les mêmes légendes.
Le spectacle souterrain est sidérant. D’un côté un géant de pierre renaît…De l’autre côté de la vaste voûte se forme une armée diaphane de silhouettes grises et menaçantes. Fantomatiques certes, mais déjà, ces âmes damnées se rassemblent dans un seul souffle froid d’outre-tombe pour émettre le plaintif gémissement. Au centre, deux petites formes de vie, un elfe noir et sa puissante Arachne voltigeant à ses côtés, font piètre allure devant l’amplitude de la rencontre. Ditratos fait face à la masse spectrale envahissant la voute entière. Sa voix grave retenti alors :
« Grandes entités de l’âge d’or des Hautes-Elfes et Grandes Guerrières qui avez écrit l’histoire de votre sang noble. Reconnaissez, aujourd’hui, le fomore témoin de votre passage sous les soleils et les lunes de Gaïa. Libérez-vous de la Mère-Nourrice, porteuse de votre illustre race. Acceptez votre suprématie sur les elfes noirs, simples rejetons de votre unique noblesse. Acclamez votre victoire enfin à votre portée. Laissez votre frère fomore guider votre exode vers l’ultime bataille contre les elfes noirs et leur reine Arachnéida. »
Le nom de la Veuve Noire fait écho dans le silence lourd qui survient. Yuna se pose alors sur l’épaule de son ami. À son oreille, elle chuchote : « Ça, c’est mon Ditratos adoré! » Le baiser d’une Arachne sur le lobe de l’oreille fait son chemin vers le coeur du Mage. « Attend, petite fée préférée, les spectres n’ont pas encore… »
Un phénomène paranormal coupe la parole du magicien. Une grande vague fantomatique frappe et pénètre le géant de pierre. Des milliers d’âmes guerrières réalisent une vengeance nourrie depuis des éons. Le fomore ainsi en fusion avec ces soeurs d’âge, se dégage de sa niche tellurique, provoquant un affaissement de pierres se détachant de la voûte pour créer un éboulis dans un nuage de poussière de roc. Le bruit de l’avalanche gronde le long des Méandres Intérieurs. Le silence reprend sa place autour des deux silhouettes collées une sur l’autre. Yuna et Ditratos sont dans un état d’étrange réconfort reposant sur une amitié rare. Leur peau, cendrée de poussière, affiche une grise texture leur donnant une allure de statues de pierre.
Des échos sourds et lointains témoignent des combats titanesques là où des armées entières d’elfes noirs sont engouffrés par les géants de Gaïa : les fomores, ancêtres-même des elfes noirs et de toutes les créatures des Méandres Intérieurs.
Enfin, la voûte des lamentations révèle son silence à nos deux amis. Yuna, à l’aise dans son corps d’Arachne, est couchée de côté sur l’épaule de Ditratos, reposant son torse nu le long du cou de son ami. Ditratos marche d’un pas agile et léger. Un état de grâce et de jeunesse éternelle traverse toutes ses fibres elfiques. Ne faisant qu’un dans un décor sans âge, les immortels se ressourcent un contre l’autre pour un instant d’éternité. S’attardant sur le sommet d’une formation de cristaux ambrés, le visage profilé d’elfe noir de Ditratos s’harmonise au torse d’ébène de sa petite compagne. Elle dépose sa joue sur le lobe de l’oreille pointue de son vieil ami. Elle lui chuchote : « C’est fantastique! Ces cristaux se sont formés le long des ruines des cités des Hautes-Elfes. Ces villes étaient les Lieux Magiques Sacrés des Premières Âges… J’étais alors toute petite! »
En réponse, Ditratos sourit à sa douce Yuna, cachée dans ce corps d’Arachne démoniaque. Seul un sourire peut répondre à une fée rebelle qui vient de renverser l’empire le plus redoutable des Méandres Intérieurs : Les elfes noirs.
Quelques explosions lointaines transmettent en échos la fin d’une civilisation. « Dit moi, petite fée préférée? Tout ce savoir qui nous habite maintenant, remonte à l’aube des races elfiques, donc à la genèse de ton royaume féerique… »
« Eh ouais! Continus! » Chuchote-t-elle.
« Donc, les Fomores et la Roche-aux-fées… » Ajoute Ditratos, l’air songeur.
« Ils se sont reconnus, dit la petite voix à son oreille… comme toi et moi! » Un petit baiser à l’oreille et le sourire de l’elfe noir s’élargit, dans un silence qui continue à converser entre deux coeurs immortels. Lentement, les deux compagnons s’élèvent du sol, en lévitation, traversant l’espace vertigineux de la Voûte des Lamentations qui ne sera plus hantée par les spectres. L’ascension des deux corps se continue avec assurance vers le plafond de cristaux. L’intrusion elfique s’opère. Les corps se fusionnent à Gaïa, alors que les cristaux chantent le passage de deux héros qui écrivent une autre page de l’histoire des Méandres Intérieurs. Malgré la quintessence incorporelle qui les compose dans les strates solides de Gaïa, nos amis sans âge partagent leur éternité vers la Lune et le Soleil qui les attendent au loin, là-haut, dans le firmament d’un univers sauvé d’une invasion des ténèbres.
Renatus, votre chroniqueur du multivers…suite à la XIIIième!
Au revoir!

mercredi 28 juillet 2010

Chronique I des Filles des Pléiades.



Imaginez-vous au beau milieu d’un paysage qui vous envoûte de ces beautés vierges de forêts sauvages, au rythme des rivières qui cascadent dans le coeur d’une vallée majestueuse, royaume de gigantesques pins ouvrant leurs branches comme des milliers de bras accueillant le ciel bleu.
Vous ne rêvez pas. Vous êtes debout devant la jeune Terre comme elle était à l’aube de l’humanité, dans un replie du Nord- Est de l’Amérique. Aujourd’ hui, nous l’appelons la province de Québec. Mais du temps de ce Nouvel Âge, c’était le royaume des Filles des Pléiades; un vaste domaine touchant le toit du monde et toujours en lien avec la Magie des Six Feyades.
Ici, c’est un lieu enchanté sous les étoiles du Septentrion. Plusieurs chamans et Marcheurs de Rêve connaissent ce pays comme étant leurs portails menant à d’autres dimensions dans une parfaite sérénité puisque ces brèches sont protégées par les Six, les Six Filles des Pléiades, les Six Feyades laissées derrière pour sécuriser ce nouveau monde plein de promesses.
******
C’est une de ces belles nuits sous un ciel septentrional, où chaque éclat d’étoiles se dévoile aux yeux éclairés du chaman. Il est assis dans la position de la chandelle, au sommet d’une immense pierre levée au milieu d’une vallée où, il y a 13 milliards d'années, deux factions de guerriers s’affrontaient dans un combat final. Ces créatures étaient les dernières de leur race. Elle fût un premier flux créatif découlant de l’union de deux Grands Amants. Le chaman, nommé Cailla, connaît l’histoire de ces Grands Êtres Divins et chante ainsi dans une langue oubliée la psalmodie de leur acte passionnel…
« Du coeur de la Vierge Amante Cybelia, croît une étincelle, séduite par son compagnon, le Rôdeur, messager des étoiles, Galaxios. Il vient à elle dans un feu de désire ardent dont la queue de comète est tourmentée de multiples essences, sur le sentier des brumes, connu comme le Pont Sacré de Poussière d’Étoile. Il s’approche portant une arme fatale connue aussi des Enfants de cette Union; La Passion Radiante… Cybelia ressent bien les enjeux mais ne peut résister aux magnifiques et séduisants attributs du Rôdeur Galaxios. Elle se voit mettre à nu ses larges vallées où coulent déjà ces mers salées nourries de ses sources intérieures créées elles-mêmes par de ferventes attentes. »
La voix du chaman Cailla est remplis d’ÉMOTION, puisque tout ce chant n’est que fréquences d’É-nergie dans une MOTION.
« L’étreinte des deux Amants est si grande qu’elle devient Tonnerre de Lumière et Musique, Feu et Vents, un élan sensuel à travers des regards d’Amoureux… d’un côté l’oeil du Cyclone et de l’autre, l’oeil de la Galaxie. Intimement en UN-I-ON, les masses d’énergies explosent dans une Fontaine de Passion, où aucune caverne, ni crevasse n’est épargnée par la Semence de l’Amour. »
Cailla ouvre les yeux vers le ciel nocturne et laisse échapper un long et doux soupir, comme le sifflement d’un serpent entre ses dents serrées. Avec la grâce d’un cygne le chaman se lève et recule avec les mains jointes à son menton. Dans un instant de dévotion, il baisse les yeux sur l’endroit où il était assis, où une part de lui gît…où aucune crevasse n’est laissée sans une Semence d’Amour.
Renatus…votre chroniqueur des Filles des Pléiades. À bientôt!

dimanche 20 juin 2010

Un spécial pour la Litha:Honorons nos Ancêtres, Enfants de la Terre-Nourrice.




À travers les siècles, la société s’est développée et s’est vue renaître en une entité nommée America. Mais les Enfants de la Terre étaient là…
Là, sous le couvert des forêts…
Là, sur les courants des rivières et des lacs…
Là, dans le creux des montagnes…
Là, dans l’Esprit de la Terre-Nourrice…
Là, sur le portail des Ancêtres…
Là…tel des saisons et l’air, l’eau, le feu et la terre, à ces Enfants de la Terre, nous leur devons la vie présente, dans notre confort de la vie moderne et sa déconnexion des essences de la vie.
Denizia, pour célébrer la Litha, se connecte avec ses frères et soeurs Narragansett.
Honorons nos Ancêtres, Enfants de la Terre-Nourrice. Retrouvons les liens qui nous attendent pour ainsi nous libérer des illusions créées par le pouvoir, la convoitise, l’égoïsme et la peur.

mardi 8 juin 2010

Les Enfants de la Terre VI



Une couche mince de neige recouvre le terrain entier menant à la serre ancestrale. La matinée commence à se poindre et la retraite de style Art Nouveau donne à ce moment une touche d’éternité. Le trio d’amis est toujours à l’intérieur. Un écureuil traverse le sentier menant à l’entrée mais s’arrête aussitôt, figé. Deux ombres glissent lentement sur le tapis blanc et la petite créature n’attend pas et saute vers l’arrière. Les deux ombres affichent bien leurs attributs.
Une lueur ambrée émane de la paume droite de la plus petite créature. Déjà, une boule de feu se forme en suspension au dessus de la main démoniaque. Mais une autre main tout aussi ambrée saisie son poignet en un éclair. Les deux regards infernaux se croisent. La haine, la vengeance et la colère se lisent dans l’un, tandis que dans l’autre c’est l’autorité et la puissance du pouvoir. Ramenant de force la main de la fougueuse créature en avant de sa poitrine, pendant un bref instant de silence, les deux démons se font face. Deux visages des enfers éclairés par la sphère enflammée, sertis de ces yeux sans fond d’où émanent aussi les feux des mondes inférieurs…et le démon dit à son sous-lieutenant :
« Ne gaspille pas tes énergies pour ces trois vermines…elles sont liées ensemble. Nous avions un beau plan diabolique au jour de la Beltaine…mais ces trois là sont aussi vicieux que l’Amour et la Lumière entrelacés ensemble…Je te le dis… Nous devons nous rabattre sur notre meilleur option : La Femme-Serpent; SHYTIANIS, la Haute Prêtresse de notre reine Lilith, la fille même d’Ève. Shytianis les écrasera comme elle l’a déjà fait tout au long de l’histoire de l’humanité sur Terre avec ces Porteurs de Lumière. Souviens toi de ce qui s’est passé au Jardin d’Éden! »
C’est décidément la dernière parole dite par ce démon un peu trop sûr de lui aux alentours du domaine de Denizia, la porteuse de Magie Blanche et de sa gardienne…
« MÖRHYGAN! »
…S’écrient les deux comparses infernaux, se tournant la tête vers la beauté sensuelle d’une fée polymorphe, fort attirante mais fatale. D’une vitesse surnaturelle, les deux mains de Mörhygan frappent comme deux glaives de justice sous les mâchoires des deux victimes de leurs instincts d’incubes. En un éclair de sang et de chaire, les deux créatures des ombres s’écrasent par terre, leur tête giclant du sang noir par les huit orifices. Immobile pour un instant, surplombant le massacre, Mörhygan tient encore les deux cerveaux de ses victimes entre ses poings. Elle les jette alors par terre en levant la tête, savourant sa victoire, la fée gardienne se parle à voix basse : « Voilà qui explique l’assaut virulent d’où j’ai survécu de justesse à la Beltaine! » Avec grâce et souplesse, la femme-fée s’accroupie et effleure la blanche neige de ses mains encore souillées du sang des Enfers. D’un regard glacial reflétant bien le voile enneigé qui l’entoure, Mörhygan se lave les mains meurtrières et se serre les dents : « La légendaire Shytianis est derrière cette conspiration. Eh bien soit! Le Concile des Septs en sera informé. » Jetant une neige entachée du sang de ses ennemis, la fée gardienne se relève vivement et se tourne le visage vers la serre ancestrale illuminée par les rayons dorés du matin. Elle pense à voix haute : « Cette nouvelle fait lumière sur bien des mystères. »
Tournant le dos aux pantins libérés de leurs Enfers et à la mare de sang noir, Mörhygan marche lentement mais d’un pas ferme et souple de femme fatale. Elle lève les bras, formant un croissant de lune. Sa silhouette féminine contraste aussitôt sur l’éclair bleuté qui conclue toujours les interventions de Mörhygan auprès des forces des ténèbres. D’une grâce bien féerique, le corps de femme devient fée minuscule qui sillonne l’air matinale vers la serre ancestrale où l’attendent Denizia et Sky.

À suivre dans la chronique VII, de la collection: Les Enfants de la Terre.
Au revoir!

Renatus, votre chroniqueur du multivers.