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mercredi 6 janvier 2010

Chronique du Miroir III


L'atmosphère était plus fébrile que d'autres nuits d'études dans la salle du Mage Blanc. En cette nuit se déroulerait le grand alignement des astres: Un court moment dans l'éternité de l'univers, mais un évènement historique dans les arcanes mystiques. C'est sous ce même alignement qu'est apparu l'ancêtre de l'homme dans cet univers. Mais cette nuit, cette race s'exposait à voir naître une horrible créature des ombres. Les ténèbres enfanteraient d'une héritière puissante et sans merci. Cette dernière risquait de transformer chaque jour en un cauchemar pour l'humanité. Heureusement, le Mage Blanc veillait depuis des décennies à ce moment et à cette fissure cosmique qui ébranlerait les structures mêmes de la matière connue. C'est avec hâte que le magicien sans âge s'affairait à préparer une dernière touche alchimique pour anéantir le grand schème contre le multivers.


Les yeux fixés sur ces signes et symboles hermétiques jaillissant de sa plume, le sage chuchota sous des lèvres serrées, des dialectes anciens que seules les "Roches-aux-fées" connaissent. Il savait que les éons sont éternels dans toutes les fibres composant la vie et que c'était à ces niveaux, invisibles à l'oeil, que l'altération risquait de déséquilibrer l'essence de l'humanité.


Ces fissions sidérales s'étaient déjà manifestées dans un passé lointain lors de la venue des elfes sur la surface de Gaïa. Ainsi, à la croisé des éons négatifs, l'Elfe Noir s'était engouffré dans les entrailles de la Terre-Nourrice (Gaïa) pour en altérer à jamais les ramifications souterraines. Ce fût alors la domination de la reine Arachnéida, l'immortelle "Veuve Noire" qui, encore aujourd'hui, vampirise les forces célestes à ses desseins de pouvoir absolu sur les univers connus. Elle tisse sa toile pour happer chaque faiblesse humaine afin d'en tirer tout ce qui lui assurera la victoire ultime sur l'humanité.


Sous une chevelure cendrée, les rides du front du sage magicien se creusèrent. Des perles de sueur couraient le long de ses tempes. Les fibres de son corps se recomposaient au rythme des syllabes séculaires s'échappant de sa voix grave. Ce rituel altérait ses pouvoirs et décuplait ses sens à un niveau quasi divin. Bientôt, le maître-mage repasserait de l'autre côté du miroir.

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