- Voila! S’écrit le jeune homme.
Il porte les jumelles a ses yeux et regarde avec intérêt de l’autre côté de la rue. Bientôt, le lever du soleil apportera suffisamment de lumière sur la résidence qu’il scrute depuis le début de la nuit. Encore dans la pénombre du crépuscule, la maison victorienne est très en retrait et bien cachée par les arbres l’entourant. Mais l’homme a trouvé un endroit idéal pour observer la porte d’entrée du gîte de la mystérieuse sorcière. Une lueur bleutée trahit la présence de ce que l’homme cherche. Ses lèvres remuent a peine quand s’échappe un chuchotement :
- Morhygan, cette petite peste de gardienne.
Scrutant toujours de ses jumelles, l’intérêt se ressent dans sa voix :
- Hé! Intéressant, je crois que je serai choyé de planter une belle sorcière ce matin.
De son point de vue, la petite lueur bleutée est près d’un bouquet de fleurs des champs, accroché a la porte de l’entrée principale. Tel un colibri, la fée bourdonne encore un peu et se sauve de quelques coups d’ailes.
L’observateur courbe des lèvres avec dédain et dans un souffle il laisse glisser :
- Bien sûr ces idiotes célèbrent la stupide Beltaine. Ces rejetons de la Terre me donnent la nausée par ces agissements enfantins. Beuark!
La porte s’ouvre toute grande dans un seul élan…
- Wow! Hé, hé, hé. Belle sorcière, mmm! Tu me semble succulente d’ici. Toi et ta salope de gardienne méritez bien un retour aux enfers! Retiens ton souffle, ma poupée car c’est ton dernier sur Terre.
Au moment ou Dame Denizia remarque et prend en main le présent de mai, elle jette des regards ici et la a la recherche de son amie, pour courir l’embrasser sous le ciel de la Beltaine. Mais une fée qui désire son baisé saura l’espérer encore un peu. Les arômes des champs fleuris caressent ses souvenirs d’enfance et ramène son attention a sa Mère-Terre qu’elle effleure toujours de ses pieds nus. Enclose dans une bulle tendre et confortable, Denizia plonge son nez délicat dans les pétales de souvenirs et une voix grave et rassurante la fait sourire.
- Bon matin, ma chère Denizia! Sois-tu bénie en ce jour de la Beltaine!
- Ditratos? Tu m’honore de ces fruits de Notre Mère et en retour je t’offre le fruit d’un baisé.
Denizia s’approche tendrement de son mentor, le Rôdeur-Mage Ditratos, mais ressent une vague d’énergie étrange en traversant la zone éthérique de son Maître des Arcanes. Et l’instant de tendresse est foudroyé. De ses yeux, il dévore ces lèvres qui s’approchent de son piège mais n’a le temps que de ressentir ses organes sexuels d’incube s’enflammer de vampirisme. Sa vision devient soudainement écarlate et ravagée de douleur, des sons stridents éclatent a ses oreilles et un froid glaciale pénètre dans son cerveau et le néant reprend sa place.
Surplombant la dépouille du démon incube, Denizia a les joues encore entachées de sang. Son fidèle sauveteur déploie son aile protectrice et prend bien soin de ne poser ses serres que dans le cuir protecteur de l’avant bras de sa sorcière adorée.
- Sky, tu as sauvé mon essence-même. J’ai failli me laisser vampiriser par une déception. Ditratos devra m’enseigner davantage dans l’art de la protection démonique.
A cet instant, Morhygan apparaît sur l’épaule de sa protégée. Encore essoufflée de sa non moins difficile rencontre, la fée gardienne ajoute :
- En entrant dans la serre ils m’ont assailli, voilés sur le seuil des mondes oniriques. Ma distraction aurait pu me coûter mon amie. Ils étaient une vingtaine mais les falaises oniriques me sont familières et j’ai pu semer les huit Maraudeurs survivants. Cette fois les forces ténébreuses nous envoient les prêtresses de Lilith. C’est pas normal, Denizia. Quelque chose est entrain de se tramer.
- Ne t’inquiète pas, petite fée. J’ai un plan. Profitons de cette journée bénie!
Denizia lève le bouquet d’arômes aux pieds de sa fée et cette dernière s’y dépose avec grâce et légèreté. Deux petites mains caressent les lèvres sensuelles de la sorcière. Avec douceur et amour les amies se savourent sous la Baltaine matinale!
FIN
Ne manquez pas les autres chroniques des enfants de la Terre, bientôt de ce côté du multivers
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire