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mardi 22 janvier 2013

Chronique VIII des Filles des Pléiades




La Licorne le sait par instinct, puisque ses fibres intérieures sont apparentées aux Pléiadiens. Comme elle est une des descendantes des Sept Vénérées Filles Sacrées, elle sait…
En tant que Voyageur de Conscience, Cailla le sait, vigilant comme un aigle suspendu dans l’air, glissant d’un plan à l’autre, d’une époque à l’autre, de rêves en rêves.
La Nymphe Osirian connaît très bien le réseau caché des étendues d’eau, des lacs souterrains, tunnels, labyrinthes, voûtes et puits des abîmes. Elle est le fil conducteur entre les habitants de la terre creuse et de ceux qui marchent à la surface.
Mirrhilia, la petite sœur Fée, toujours fidèle à Osirian et Cailla, sait très bien ouvrir ces portails à travers le Royaume de l’Éther, cet univers entre toute matière, cette voie aux ramifications infinies traversant le multivers et la ligne du temps.
L’appel des Sept Sacrées a été entendu. C’est pourquoi nous retrouvons ici les quatre compagnons marchant côte à côte à travers le portail. Leur vision est légèrement altérée quand ils franchissent ce pont de poussière d’étoile. Le monde de Mère Terre suit son cours sous leurs pieds… la majestueuse Forêt des Ifs… la couronne rocheuse des neiges éternelles et… la vallée verdoyante et la cité dissimulée sous le manteau de la jungle, le fameux et légendaire domaine de la Reine des Guépards.
Deux mains reposent sur le ventre porteur de vie. L’utérus tremble et s’agite à l’accueil du nouvel être qui pousse à naître sous les étoiles. La Reine des Guépards sera bientôt mère. Ses mains caressent doucement son ventre tandis qu'elle laisse filer l’air dans sa trachée-artère, fermant les yeux à la douleur, dirigeant sa conscience vers ce petit plein de vie. Elle porte en son cœur ce nouveau destin qui se dessine lui-même sous ses mains.
Une marée émotionnelle s’élève du cœur de Cailla. Sacha, la Licorne, voit bien les enjeux. Elle sait comment supporter un futur père tout en connaissant l’héritage de Cailla. Elle détient le savoir de la destiné de l’Étalon, l’enfant de Cailla est en route, c’est la renaissance de la race du Sphinx. Les Siriens et les Pléiadiens peuvent se lever devant leur nouvel enfant né.
C’est fantastique de voir comment la vie tisse ensemble toutes ces âmes comme une merveilleuse tapisserie. La scène suivante mérite d’être le sujet dépeint sur un tissu décorant le mur de l’histoire. Dans cette même chambre, il y a quelques lunes, un moment romantique s’est déployé sous la lumière ambrée, où les corps nus et dorés de deux amants ondulaient sous le rythme de leurs étreintes passionnées. Ici et maintenant, c’est la fin des douleurs de l’accouchement, un présent est mis au monde et son premier souffle peut être.
Le cercle sacré des quatre voyageurs de conscience du royaume de la Forêt des Ifs entoure le Féminin Sacré. La Reine Vénérée, la clairvoyante féline donne naissance à celui de la prophétie.
Sacha la Licorne, Cailla le gardien de vie, Osirian la Nymphe, Mirrhilia la Fée referment le cercle plus serré autour de la Mère Reine Tiera. Leur aura individuelle s’amalgame une dans l’autre puis avec celle de Tiera, tout en douceur. Au dessus d’eux, une lumière pure aussi blanche que le cœur même de l’univers s’harmonise avec eux.
Dans un élan commun un tourbillon de six différentes couleurs crée une spirale ressemblant beaucoup à la forme d’une galaxie. Alors que les douleurs de l’accouchement s’achèvent dans un cri de délivrance, le corps félin de la mère est libéré de toutes résistances, peines et convulsions et se pose enfin avec grâce et abandon.
ROOOOAAARRRRRGGGHHH!
Un premier souffle mélangé à un rugissement est entendu pour la première fois sur cette jeune terre.
Près de la couche de la Reine Tiera, une douzaine de guépards, fidèles animaux familiers de la Reine, se lèvent tous spontanément. Tous ensemble, ces félins habituellement féroces se mettent à jouer entre eux comme des chatons. Ils courent, sautent, font des culbutes, se roulent par terre dans une chorégraphie complexe mystérieusement inspirée.
Malgré leur absence physique à cet accouchement historique, deux frères du vent couverts de longs poils sont tout de même très éveillés à ce qui se déroule. Ils se tiennent debout main dans la main, dans leur caverne éloignée. Ils sont devant le grand cristal, la semence des étoiles. Dans un état de transe profonde, leurs pensées ne sont plus. Dans le ici et maintenant, leurs visages simiesques réfléchissent la lumière émanant de la pierre qui chante à leurs âmes. C’est aujourd'hui le grand jour. La Reine Clairvoyante est libérée de son Fardeau Sacré. La légende est née. L’unificateur peut marcher sur ses quatre pattes, portant l’alliance en lui. Le Sphinx peut accomplir l’harmonisation galactique de deux races : Les Pléiadiens et les Hyadiens. Pour la première fois sur terre, un être essentiel naît avec les deux semences célestes coulant dans ses veines. La prophétie peut maintenant marcher librement sur la surface d’une si jeune terre.

Fin.

Renatus, votre chroniqueur.

Illustration: Jim Murray

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