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mercredi 5 septembre 2012

Chronique V des Filles des Pléiades



Les enfants de la forêt se rassemblent à l’aube d’un nouveau jour choyé par la venue d’un autre visiteur originaire d’un monde très, très éloigné. Près du sommet du ruisseau d’où les eaux cascadent, l’énorme pierre levée demeure l’endroit rêvé pour un autre récit à raconter. Notre conteur est bien connu pour ses apparitions matinales où les rayons dorés du soleil accompagnent l’ode à la vie des oiseaux. Les bras levés en croix dans la lumière ambrée du soleil levant, notre témoin de la conscience cachée est là, debout. Le conteur prend un long respire, ferme les yeux et laisse son essence s’envoler avec ses mots :
« À la source des vents glaciaux, très haut dans le ciel, où le bleu céleste rencontre le scintillement des étoiles tapissant la voûte indigo, les deux créatures mythiques s’entrelacent tandis que leurs ailes sont déployées à leur pleine envergure, caressées par les vents. Les amoureux draconiques s’embrassent dans une belle étreinte dansante, dotés d’une légèreté aérienne, où leurs formes gracieuses sont soudées dans un moment d’éternité bercé de sons intimes émanant  autant de leur poitrine et gorge que de leurs cavités nasales. Ils fixent leurs yeux de feu sur la réflexion de leur âme en parfaite union. Dans une totale fusion, la dynamique de leur essence mâle et femelle s’évanouit dans un présent offert par amour. Unifiés avec le vent du ciel, ils percent parfois des couches de nuages. »
Le conteur positionne ses pieds avec grâce, formant un V à l’envers. Il tend les bras au dessus de sa tête et imite avec ses mains les deux créatures mythiques en chute libre vers le sol.
« À une vitesse vertigineuse, les deux amoureux entrelacés laissent leur corps et esprit s’abandonner à cet instant béni d’amour vrai. La surface de la terre s’approche rapidement et bientôt, la plongée devient un acte de foi en leur instinct de survie. Mais assurément, leur foi repose sur leur amour qui est leur seul aliment à cet instant précis. La magie et sa puissance croissante coule le long de leurs veines et nerfs. La surface mortelle de la Mère Terre est à un instant près des deux êtres passionnés. Le temps semble s’arrêter pour eux. Leurs regards, leurs ronronnements, leurs caresses, leurs queues entrelacées… les deux en un, leurs sens, leurs cœurs brûlent d’amour et d’illumination, toute leur essence est transmutée dans un éclat de lumière et de tonnerre. Un grand fracas survient accompagné d’un coup de foudre causé par une pure réaction chimique entre une réalité et un état de conscience. La Source et la Mère Terre deviennent un. C’est pourquoi la grandeur de leurs actions est en si parfaite harmonie avec la micro matière de leur Mère, en fusion avec les 5 éléments, en réunion avec leur structure intérieure commune, en voyage à travers l’espace de l’Éther entre toute masse de matière. »
Le conteur berce son corps, en étreinte avec lui-même, les bras croisés avec tendre passion sur sa poitrine. Sa grande robe de Voyageur de Conscience apporte un contraste sur ses mains posées sur ses épaules. Un rayon doré de la lumière matinale l’effleure tandis que deux hirondelles tournoient autour de sa tête, chantant leur amour, joie et bienveillance. Le vol des oiseaux dessine un 8 au dessus de sa tête. Regardant ses compagnons ailés, il en reconnaît le signe. Soudain, il parle plus fort :
« Oh! Grands Dragons, Gardiens du portail céleste des sept Filles des Pléiades… Oh! Grands Seigneurs Mystiques, messagers de l’Intérieur de la Terre, vous portez en vous la sagesse universelle… et à une vitesse étonnante, les deux créatures légendaires se heurtent à la surface rocheuse! »
Des cris de consternation s’échappent de bouches tordues de dénie et d’horreur. Le conteur dramatise l’atmosphère en se jetant par terre comme une feuille sans vie. Mais, en un clin d’œil, il se remet sur pied en position de défense et lentement il lève les bras au dessus de lui :
« Une retentissante onde de choque d’une lumière bleutée et un tremblement rayonnent aussitôt du lieu où le duo mythique disparût. Mais malgré les faits, pour des êtres magiques, la réalité est beaucoup plus étendue que les apparences. »
Tel un réel descendant de sa mère reine Maïa, le conteur puise dans son héritage stellaire et laisse couler ces mots inspirés :
« Dans plusieurs tranches de vies à venir, vous tous, enfants des étoiles, compterez de plus en plus sur votre propre instinct pour agir sur l’essence même de toutes les réalités. La croyance profonde en vos pouvoirs intérieurs ouvrira une porte là où se dresse un mur de pierres. La libre expression de l’Amour illuminera toute obscurité cachant l’immortalité de votre âme. »
Tel un serpent cherchant à mordre dans l’air, tout le corps du conteur réagit à la décharge de l’essence draconique et il danse au rythme intérieur battant dans ses veines. En fusionnant au souvenir des deux puissants dragons légendaires, il libère ses mots dans un chant harmonisé avec la vie elle-même manifestée à travers tous les plans du multivers :
« De mon fort intérieur,  j’enchante avec la Magie Dormante… De l’intérieur de la Terre, des psaumes de signes symboliques s’éveillent à la vie et prennent leur envol dans nos rêves… De notre essence humaine, des éons de colère et de frustration sont transformés par le feu du changement où l’air apporte les mots…comme les sons des chansons des oiseaux. »
C’est à ce moment précis que le conteur s’arrête comme frappé par une force invisible… et disparaît littéralement devant des yeux éberlués, cherchant ici et là des indices laissés peut-être sous les étoiles voilées derrière le ciel bleu. La tête levée, les spectateurs regardent en silence la Source inspirante de leur conteur bien aimé, leur Voyageur de Conscience… celui qui compte bien continuer à raconter une autre page des Chroniques des Filles des Pléiades, puisque c’est là sa raison de vivre.
Fin de la Chronique V des Filles des Pléiades.
Renatus, votre chroniqueur.

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