« Je vous parle d’un temps où toutes les
étoiles scintillent comme des diamants dans un ciel nourri de la vie prenant la
forme des rêves de Dieu. Oui, c’est alors que notre Mère Terre, encore toute
jeune, en est à ses premiers essaies pour accoucher d’une nouvelle race, d’une
nouvelle promesse incarnée, d’un nouvel espoir. Des semences d’étoiles coulent
dans leurs veines comme des poissons miroitants
qui nagent dans le Grand Fleuve de la Vie. »
Le conteur garde ses yeux fermés et se prête au vent
nourrissant ses narines, touché par les caresses de ce monde d’Éther, présent
dans toutes fibres de vie. Tout son corps résonne à la Divine Présence qui
l’interpelle de nouveau, inspirant chaque mot, enveloppé d’émotion, ciblant
chaque cœur, chaque âme, chaque enfant intérieur envoûté par sa séance.
Gracieux comme un cygne, le conteur ouvre ses yeux, ses bras, son cœur, son âme
et chante ses merveilles qui s’envolent dans l’air pour former des passerelles
permettant aux pèlerins des étoiles d’être portés encore par l’essence magique
de l’histoire.
« Ici même à mes côtés, derrière un voile
d’invisibilité, se tient la Dame Reine des Filles des Pléiades : Maïa.
Elle vous rend visite, enfants des étoiles, mais comme observatrice. Bien que
son corps physique évolue profondément dans l’océan de vie appelé univers, son
lien déployé emprunte un sentier créé à partir de certains Rêves Divins. Nous
les nommons LES RIVES ONIRIQUES. Par cet état de conscience, notre Reine
demeure connectée à nous et marche tout le long de nos propres rêves, témoin de
notre réalité entièrement modelée par chacun de nous. Vous, spectateurs et moi,
le conteur, sommes liés ensemble sur ces Rives effleurant les Rêves
Divins. »
Le conteur, les yeux et les bras grands
ouverts, accueille le monde autour de
lui, autant l’invisible que le visible.
Dans un seul rythme, un chant de vagues divines caresse tous cœurs et âmes
s’assemblant sur les Rives Oniriques. D’une voix harmonisée avec le tintement
des cailloux et coquillages minuscules dansant sur le sable mouillé, le conteur
conclue :
« Comme à l’aube de la vie sur notre Terre
Mère, ici aussi, sous le couvert des Ifs géants… comme dans le futur, quand
l’humanité sera captive dans une illusion construite de peur et de pouvoir,
nous améliorons ensemble une ligne du temps de multiples possibilités. »
La tête penchée vers l’avant, le conteur prend une
profonde respiration et laisse ses yeux bleus océan parcourir l’audience
fervente. Il sait que le temps des révélations est venu. Lentement, un sourire
se dessine sur son visage à la pensée qui vient de lui surgir. La Reine des
Pléiades s’active doucement sur sa connexion télépathique, intensifiant
grandement le pouvoir créatif du Voyageur de Conscience. L’atmosphère vibre
d’anticipation dès que sa voix tranche le silence :
« Notre Reine a parlé, ici et maintenant est le
rendez-vous idéal. » Du dessus de sa tête, une fontaine colorée des
couleurs de l’arc-en-ciel jaillit tel un feu d’artifice.
« Tout comme les saisons qui planent au dessus
de nos têtes, comme la lune caressant notre océan intérieur, comme le soleil
radiant de sa lumière réconfortante, comme l’oiseau chantant à votre cœur et
comme l’enfant qui accroche un sourire à nos rides… nous réagissons
réciproquement dans un seul élan de Grâce, de Joie, de Bienveillance et de
Beauté. Ces états d’être sont gratuits et peuvent couler dans vos veines comme
ruisseaux d’eau fraîche au creux des montagnes. Sur ce sentier béni par vos
sourires épanouis le long de votre chemin de vie, vous devenez cette beauté
même définissant la simplicité dénudée d’un miracle divin. Notre Reine pléiadienne
nous montre le chemin. Elle est venu à mes côté, provenant de ce lointain amas
d’étoiles situé dans la constellation du Taureau pour vous dire où pointer
votre flèche. »
Le Voyageur de Conscience est si radieux dans son
costume fait d’accessoires exotiques. Prétendant être un archer, il vise une
cible invisible en face de lui. Chaque personne assistant au conte se sent
alors transpercée par une étincelle vive en pleine poitrine. Leur cœur est
touché de nouveau. C’est pourquoi il y a tant de gens de tout âge attirés par
ces instants magiques réconfortants.
Satisfait et enrichi par la complicité de sa Reine,
le conteur sourit et disparaît dans une nuée spiralée composée des sept
couleurs de l’arc-en-ciel.
WOUUUSH!
Comme d’habitude, le Voyageur de Conscience a sauté
dans un autre plan du multivers.
C’est la fin de la Chronique VI des Filles des
Pléiades.
Renatus, votre chroniqueur.

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