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lundi 17 décembre 2012

Chronique du Miroir XV



Le Temple de Merveilles!
… S’écrit la voix grave de celui reconnu comme maître des lieux contenant tous ces livres, grimoires, tomes et manuscrits. La sphère lumineuse éternellement en suspension brille toujours et baigne l’endroit d’une chaleureuse atmosphère (voir Chronique du Miroir VI).
Ditratos et son amie de toujours, Yuna la fée, viennent de franchir le Miroir.
Enfin de retour! Yuna ajoute-t-elle.
Heureusement le lit tissé de toile d’Arachne (voir Chronique du Miroir VIII) demeure invitant pour un repos bien mérité. Yuna adopte un simple coquillage tapissé du duvet de phénix originaire de son pays féerique. La voix grave du mage coupe le silence :
Yuna… ma très chère Yuna, je dois t’avouer que tu m’as beaucoup surpris cette fois-ci!
Ha oui? Répond Yuna. Tu parles du coup de théâtre chez les elfes noirs? Bien sûr que pour un instant j’ai dû agir sur la seule motivation de garder l’effet de surprise. Mais depuis notre retour à la Roche-aux-fées, c’est cette éternelle dynamique qui me rend songeuse. Que je sois éternelle, moi, une fée, c’est normal. Mais cette créature Arachnéida qui l’est, ça c’est difficile à comprendre.
Yuna s’assoie, les jambes croisées, face à son ami. Ditratos lève vers elle des yeux un peu mouillés. Il se sent désarmé devant la beauté simple et envoûtante de cette fée. Un corps sculpté de formes parfaites, une chevelure longue et soyeuse, sans compter ces postures toute naturelles qu’elle adopte avec grâce, délicatesse et sensualité, telle une fée préférée. Le langage de son corps éclipse ses paroles…
Qu’en dis-tu, mon rôdeur adoré? La voix féerique se tait.
Oups! S’exclame-t-il.
Les deux amis se regardent, l’un avec innocence et l’autre avec un sourire en coin et un peu amusée de gaspiller sa salive de fée. Puis des regards tendres s’échangent dans le silence qui les réunit.
Dans un élan gracieux, le petit corps laiteux est soulevé par des ailes d’arc-en-ciel. Le temps s’arrête dès que des mains minuscules se posent sur les lèvres du mage et les entrouvrent pour y souffler des arômes fruités de fleurs exotiques encore inconnues du champ de connaissance pourtant immense du maître des arcanes.
Ce que je disais, c’est que dans les Méandres Intérieurs, mon éternité de fée s’est reconnue dans ton immortalité de Mage. Et puis…
Toujours en suspension devant le visage de son ami, Yuna s’en approche à nouveau pour déposer un petit baiser sur le front de Ditratos. Les yeux du mage reflètent l’image de la petite fée. La lumière scintille dans son regard attiré par tant de grâce habillée de charmes et de courbes. Des effluves de fleurs sauvages s’épanouissent de ce petit corps sous deux ailes que la magie embellie…
CLAP! CLAP! C’est agaçant à la fin!
Yuna chante-t-elle d’une voix impatiente, clapant de ses mains des sons de clochettes cristallines.
Ainsi s’écoulent de longues heures des plus précieuses que deux amis puissent partager. C’est pour cette raison que l’éternité leur va si bien. Leurs voix font écho dans les hauteurs du Temple de Merveilles éclairé par la sphère lumineuse. Ainsi, sons et lumière touchent ces mystères, ces secrets et ces rêves qui bercent finalement nos amis tendrement allongés un contre l’autre. Yuna s’est déposée sur la poitrine de Ditratos, son index lui servant d’oreiller tandis que le mage est dans ses fleurs exotiques.
Bonne nuit, tendres amis!

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